lundi 25 octobre 2010

Georges Frêche décédé d'un arrêt cardiaque à l'âge de 72 ans

Le président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, Georges Frêche (DVG), indétrônable baron de sa région décrié pour ses provocations et dérapages verbaux qui lui avaient valu d'être exclu du PS, est décédé dimanche à l'âge de 72 ans à Montpellier d'un arrêt cardiaque.







Sa disparition brutale a été accueillie avec stupeur par les rares Montpelliérains croisés dimanche soir dans les rues pluvieuses de la ville, tandis que la classe politique lui rendait un hommage quasi unanime.
Selon la Région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, est décédé à 18H45 d’un arrêt cardiaque, alors qu'il signait un parapheur dans son bureau.
Pour Damien Alary, premier vice-président de la Région, "il est mort debout sur les planches, comme un homme de combat".
Né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn), fils d'un officier et d'une directrice d'école, M. Frêche a été près de 30 ans maire de Montpellier (de 1977 à 2004), qu'il avait érigée au rang de huitième ville de France, avant de passer la main pour se consacrer à la présidence de la région et à celle de l'agglomération.
Exclu du PS en 2007 pour ses déclarations sur les harkis et sur le nombre de blacks dans l'équipe de France de football, il avait récidivé avant les régionales de 2010 en se moquant de la "tronche pas catholique" de Laurent Fabius.
Cet ancien maoïste, marié et père de cinq filles, avait également fait la une de l'actualité récemment en inaugurant en grande pompe cinq statues des "grands hommes", dont celle de Lénine.
Lâché après sa sortie sur Laurent Fabius par la première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui lui avait opposé aux régionales une liste dirigée par le maire de Montpellier Hélène Mandroux, il avait été largement réélu en mars (54,19% des voix), confirmant ainsi son statut de baron régional construit loin des cénacles parisiens.
L'ensemble de la classe politique - gauche et droite confondues - retenait dimanche soir son action en faveur de sa ville et de sa région.
Mme Aubry a salué "un grand élu visionnaire et bâtisseur", tout comme l'ancien numéro un du parti François Hollande. "Il avait une conviction telle qu'il pouvait déplacer des montagnes", a-t-il déclaré.
"Paradoxe vivant", Georges Frêche, agrégé de droit et historien, était "quelqu'un de très cultivé (...) et en même temps c'était quelqu'un de provocateur qui n'hésitait jamais à transgresser, à choquer", selon le président du MoDem, François Bayrou.
Pour Hélène Mandroux, sa rivale aux régionales, qui avait lontemps été sa première adjointe à la mairie de Montpellier, "c'est un choc réel". "Ce que je retiens, c'est tout ce qu'il a fait pour cette ville, son amour pour cette ville", a déclaré l'élue qui, ironie du calendrier, règle ses comptes avec Georges Frêche dans un livre à paraître le 28 octobre intitulé "Maire courage".
Personnalité "hors normes" et brillant orateur, "on l'adorait ou on le haïssait", a-t-elle encore dit.
Le député villepiniste Jean-Pierre Grand voyait en lui "un mélange de socialiste, de gaulliste et un peu de révolutionnaire".
Son adversaire UMP, Raymond Couderc, qui dénonçait en mars un "système mafieux, de mensonges et menaces", a estimé qu'une "page était aujourd'hui tournée", souhaitant inscrire la région, "dans un fonctionnement plus démocratique".
La disparition de Georges Frêche risque de raviver à gauche les rivalités pour sa succession, les blessures des régionales - qui s'étaient soldées par l'exclusion du PS de 58 alliés du président de la région, dont de nombreux responsables et élus - n'étant toujours pas refermées.
Fin septembre, le PS avait décidé la mise sous tutelle pour six mois de la fédération de l'Hérault, une décision contestée par les "frêchistes".

Djemila Benhabib « Ma tête, je la veux libre de tous les tabous »

Djemila Benhabib, l’auteur du livre Ma vie à contre-coran, dont une première publication est parue en 2008 au Québec, maintenant  réédité par les éditions Koukou  de Arezki Aït Larbi et mis sur le marché algérien depuis samedi, est à Alger pour la promotion de son ouvrage. Hier, Djemila Benhabib était à Tizi Ouzou où elle a passé quelques heures à dédicacer son livre, après l’avoir fait dimanche à Alger. Nous avons profité de ce passage dans la capitale algérienne pour poser quelques questions sur la portée de son livre.



-Djemila, pourquoi un livre au pas de charge sur l’islamisme à partir du Canada ?
Pour une raison très simple, c’est qu’au début des années 2000, on a vu, au Canada, particulièrement au Québec, une montée de lait du religieux qui revendiquait un certain nombre d’accommodements telles des salles de prière dans les universités ou des repas conformes au rite musulman, des congés le vendredi, sans parler de la prolifération des voiles islamiques. D’ailleurs à ce propos, il était surprenant de constater que des femmes arrivaient sans voile et qu’elles commençaient à le porter après leur installation. Ces demandes de se soustraire à la norme commune, au nom de la liberté religieuse cachent, en réalité, quelque chose de plus pernicieux. Il y a là tous les ingrédients de l’idéologie islamiste que je connais bien, contrairement à beaucoup de mes concitoyens canadiens.
La grande majorité des Québécois sont inquiets de l’intrusion du religieux dans la vie publique et ne veulent pas qu’on offre des privilèges au nom de la liberté religieuse parce que disent-ils, si nous vivons ensemble, nous devons être égaux et cette égalité doit prévaloir dans tous les aspects de la vie. J’avoue que  je souscris à cette façon de concevoir la citoyenneté et c’est donc naturellement que je participe à ce débat à travers mon livre. Après tout, la démocratie ce n’est pas un paillasson.
-Ma vie à contre-coran , voilà un titre-choc dont on ne retrouve pas toute la teneur en lisant le livre, l’avez-vous choisi pour frapper les esprits ?
Je voulais que ce titre puisse traduire un peu la femme que je suis. Je suis plutôt une personne qui s’inscrit dans l’audace et le renouvellement et non dans le courant dominant. Y a-t-il un mal à cela ? Les gens qui volent ou qui tuent dans ce pays se cachent-ils pour le faire ? Absolument pas. Le dernier des Algériens sait qu’un tel est corrompu ou que tel autre est un assassin. Pourtant, ces gens-là vivent le plus normalement du monde et n’expriment aucune gêne. Ce sont leurs comportements qui doivent nous choquer et nous révolter et non pas la liberté de ton d’un intellectuel, d’un écrivain ou d’un artiste qui elle, par ailleurs, est absolument nécessaire et vitale pour la réflexion.
Finalement, si quelqu’un comme moi, qui vit à l’étranger dans un certain confort, disons-le comme ça, ne va pas jusqu’au bout de soi-même, qui le fera ? La liberté c’est beaucoup dans sa propre tête que ça se passe. L’aliénation aussi d’ailleurs. Ma tête, je la veux libre de tous les tabous. Les autres finiront par l’accepter. S’ils ne l’acceptent pas, c’est leur problème mais pas le mien.  
-A ce propos et avec le détachement que vous permet la vie en Occident, croyez-vous que l’Islam soit un frein à l’évolution de la société musulmane ?
J’ai envie de dire oui et non ! L’Islam tel qu’il est institutionnalisé maintenant par les régimes et par les groupes islamistes est un frein terrible. Il constitue une chape de plomb épouvantable sur la société. Nous avons des gestionnaires de la religion. Des officiels qui nous disent ce qu’il faut écrire, comment il faut penser, ce qu’il faut dire à nos enfants, ce qu’il faut manger, à quel moment, et surtout tout ce qu’il ne faut pas faire. L’imam se mêle de tout. Il sait tout. Il a un avis sur tout.
Cet état de fait est imposé par des régimes qui utilisent l’Islam pour bâillonner, casser et faire plier les sociétés. On l’a bien vu en Egypte, on le voit très bien en Algérie, en Syrie, en Iran, en Arabie Saoudite et partout ailleurs dans le monde arabe et musulman. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est absolument nécessaire de séparer le religieux du politique, sans cela nul progrès n’est possible. La laïcité s’impose comme une étape historique de notre cheminement.
-Justement et à commencer par le religieux, votre livre dénonce tous les archaïsmes et notamment le sort fait aux femmes, comment sortir d’une situation qui marginalise et oppresse la moitié de la société ?
Les femmes, dans une conjoncture de régression, sont les premières à subir les effets de cette dernière pour une raison très simple, c’est qu’à travers le regard qu’on porte sur elles et le statut qu’elles ont dans une société on sait si on est en démocratie ou dans un semblant de démocratie ou encore dans une dictature. Hé bien, dans le monde arabe et musulman on ne fait pas semblant d’opprimer les femmes, on les opprime franchement. On prend même du plaisir à le faire. Pour ma part, je sais qu’il n’y a aucune fatalité à opprimer les femmes. L’oppression, la tyrannie, la soumission ne sont certainement pas des attributs fixés pour l’éternité comme le disait si bien le grand poète turc Nazim Hikmet dans un magnifique poème : la tyrannie n’est pas éternelle .
-Il y a actuellement, et on le voit dans votre livre, une jonction entre islamisme et nationalisme vulgaire qui constitue une chape de plomb sur la société. Comment peut-on dépasser cette situation de blocage ?
On a fait du bricolage idéologique à partir du nationalisme depuis cinquante ans et l’on a rajouté un autre ingrédient explosif qui est l’Islam. Alors, l’un dans l’autre ça a produit, comme le dit Ahmed Arkoun, l’ignorance institutionnalisée. L’Etat est devenu une succursale de la mosquée. Je ne vois pas de sortie de crise possible sans une rupture avec le système actuel, en l’occurrence ces pouvoirs successifs et toute cette classe politique qui gravite autour. A vrai dire, il y a une limite à faire du neuf avec du vieux. Qu’attendre d’un système qui est totalement insensible aux cris de désespoir des jeunes en particulier ?
Comment ne pas être bouleversé par ce phénomène des harraga  ? Comment peut-on gouverner sans pour autant se soucier de la misère sociale et du chômage ?  Comment peut-on continuer à siéger dans un Parlement qui n’a aucun pouvoir si ce n’est celui de servir de légitimité à un président qui a changé la Constitution pour se perpétuer au pouvoir ? Pourtant ce système continue de se boucher les oreilles et de fermer les yeux. Jusqu’à quand ?
-Votre livre vous a ouvert une nouvelle étape dans votre vie. Vous avez eu beaucoup d’activités au Canada,
en Europe également, quel bilan tirez-vous de tout cela ?
Ce livre là, je l’ai écrit par devoir de mémoire. Pour que l’on n’oublie pas cette expérience algérienne absolument tragique, qui a une portée universelle. Moi, je veux faire connaître cette expérience à travers le monde partout où je suis invitée, en portant les voix de tous ceux et celles qui ont cru qu’on peut vivre autrement dans ce pays, qui continuent d’ailleurs de le croire et qui continuent de se battre au quotidien pour faire vivre des embryons de liberté et de démocratie.
-Avez-vous d’autres projets, notamment d’écriture ?
Oui, il y a des projets d’écriture qui sont encore à l’état embryonnaire ; cela prendra probablement la forme d’un essai. Mais ceci étant, je suis encore dans la promotion de ce bouquin, j’ai fait le tour au Canada, j’ai fait différentes opérations de promotion en France, je reviens de Belgique, je retourne les jours prochains en France et j’irai en Allemagne et en Italie.
Par El Watan

dimanche 24 octobre 2010

Le pardon pour terrorisme, deux ans de prison ferme pour un sandwich

C'est la semaine où le Premier ministre Ahmed Ouyahia réitérait devant l’APN que « la main de l’Etat demeure tendue à tous les citoyens égarés qui sauront encore se ressaisir pour bénéficier de la clémence de leur pays », que le jeune Farès de Oum El Bouaghi a écopé de deux ans de prison ferme et de 100.000 dinars d'amende pour n'avoir pas jeûné fin août durant le ramadan.

Bouchouta Fares, 27 ans, a été déféré devant la justice d'Oum El Bouaghi et a été condamné lundi à cette peine pour "atteinte à un précepte de l'islam". 

Farès n'est pas un terroriste. Aussi ne bénéficie-t-il pas de la rahma. Alors que le terroriste est arrêté pour port d'armes puis grâcié au mépris d'une loi réelle (les dispositions énoncées dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale), Fares est condamné pour port de sandwich puis condamné au nom d'une loi fictive : il n'y a aucun texte qui punit les citoyens pour "atteinte à un précepte de l’Islam". Mais de cela, le procureur d'Oum-El-Bouaghi n'en a cure : il n'est pas chargé de rendre la justice.
Tout ça pour dire que c'est un peu de la faute à Farès : il aurait dû intégrer un groupe armé au lieu d'un groupe de non-jeûneurs.

Cela dit, Farès a été "capturé" comme un terroriste. On lit, en effet, dans le journal : "Agissant sur renseignement, la police de la localité proche de Ain el Beida, a fait une descente dans un lieu abandonné du centre-ville à la recherche d'un groupe de non-jeûneurs. Tous ont pu prendre la fuite à l'exception de Fares qui a ensuite été placé sous mandat de dépôt".

Maintenant qu'il est considéré comme terroriste pour n'avoir pas jeûné, Farès va-t-il bénéficier des mesures de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ?  Pourquoi pas ? Ahmed Ouyahia l'a répété devant les députés : la main de l’Etat demeure tendue à tous les citoyens égarés qui sauront encore se ressaisir pour bénéficier de la clémence de leur pays. Et il a ajouté ceci : " Les pouvoirs publics tiennent à mettre en œuvre rigoureusement les dispositions énoncées dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale "

Le Matin

mardi 12 octobre 2010

Le caricaturiste Ali Dilem fait Chevalier des Arts et Lettres par la France

Ali Dilem, caricaturiste du quotidien Liberté, a été décoré, lundi 11 octobre, de l'insigne de Chevalier des Arts et Lettres. Il a reçu cette décoration à Alger, des mains de Noëlle Lenoir, ancienne ministre française, actuellement présidente d'honneur de l'association des amis d'Honoré Daumier, célèbre caricaturiste français du 19ème siècle. Cette récompense délivrée par la France salue « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde».
 
Dans son discours, Noëlle Lenoir a rappelé la carrière du caricaturiste, qui en 21 ans de présence médiatique a réalisé plus de 10.000 dessins, à Alger Républicain, au Matin et aujourd'hui à Liberté, où il est présent chaque jour depuis 16 ans. Elle a souligné «l'engagement inlassable et le courage » de Dilem, ses créations « intelligentes, impertinentes, dérangeante parfois ». 

Tribunal de Bobigny : expulsion d’une femme en niqab





Complément :

Bobigny tire son nom de Balbinius, nom d’un ancien général romain qui créa une villa dans l’ancienne forêt de Bondy. Le nom a évolué en Balbiniacum puis en Baubigny puis Bobigny. Le village de Bobigny était placé sous le patronage de saint André, symbolisé sur le blason par la croix de saint André (ou sautoir). La présence humaine en ce lieu dès l’époque gauloise est attestée par la découverte d’un site archéologique au lieu-dit « la Vache à l’Aise ». Les fouilles ont mis au jour une statue gauloise du IVe siècle av. J.-C., la première découverte en France.






lundi 11 octobre 2010

AQMI réclamerait l'abrogation de la loi sur le voile


Selon des informations de la chaîne satellitaire arabe Al-Arabiya, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a réclamé l'abrogation de la loi sur l'interdiction du voile intégral en France, la libération d'activistes et environ 7 millions d'euros en échange des otages qu'il détient.

Sept employés d'Areva et de Satom, dont cinq Français, ont été enlevés dans la nuit du 15 au 16 septembre sur le site nigérien d'une mine d'uranium du groupe français Areva. AQMI avait revendiqué l'enlèvement le 21 septembre, précisant qu'il ferait parvenir ultérieurement des "demandes légitimes" à la France. Paris a toujours déclaré vouloir privilégier la discussion dans cette affaire.

La porte-parole du Quai d'Orsay, Christine Fages, n'a pas confirmé les informations concernant les demandes des ravissseurs. "Nous ne commentons pas les nombreuses rumeurs qui surgissent depuis l'enlèvement et dont la plupart sont absurdes ou infondées", a-t-elle déclaré dans un point presse, lundi, sans répondre à la question de savoir si des exigences étaient ou non parvenues à la France.


"DISCRÉTION"

"Comme vous le savez, la discrétion est une condition indispensable à l'efficacité de notre action", a-t-elle souligné. Plus tôt, le Quai d'Orsay avait déjà refusé de commenter une information selon laquelle la Française aux mains des otages serait malade et aurait besoin de soins urgents. L'information venait d'un des intermédiaires nigériens, interrogé par l'AFP. Cet intermédaire s'est rendu dans la région de Timétrine, dans le nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, où les otages sont détenus.

"La femme française est malade. On nous a dit qu'elle a été soignée peu de temps avant son enlèvement, mais elle mérite un suivi", a ajouté l'entourage d'un Malien qui joue le rôle de médiateur. Cette femme, Françoise Larribe, a subi une chimiothérapie peu de temps avant son enlèvement, selon ces mêmes sources.

Le Monde

dimanche 10 octobre 2010

Arabie: une fatwa interdit d'insulter Aïcha, une des épouses de Mahomet

L'autorité religieuse saoudienne a émis samedi une fatwa mettant en garde contre les insultes proférées à l'égard des épouses de Mahomet, après des propos injurieux tenus par un activiste chiite koweïtien visant Aïcha une des épouses du Prophète.





"Insulter les compagnons du messager d'Allah, ou attaquer l'honneur de sa famille à travers ses femmes, est un grand délit", a indiqué le Comité permanent des recherches scientifiques et des fatwas, qui relève du Conseil des grands oulémas, dans un communiqué publié par l'agence officielle Spa.
Cette prise de position intervient après des déclarations incendiaires de l'activiste chiite koweïtien en exil, Yasser al-Habib qui s'en était pris à l'une des épouses de Mahomet.
"Aïcha est en enfer (...) suspendue par les pieds", avait dit Habib, qui avait fui le Koweït pour échapper à deux condamnations à 10 ans de prison pour offense aux deux premiers califes de l'islam, lors d'une cérémonie à Londres, en septembre, à l'occasion de l'anniversaire de sa mort.
Aïcha est considéré par les musulmans sunnites comme "la Mère des croyants". En revanche, elle est honnie par les chiites, qui estiment qu'elle n'avait pas favorisé Ali, leur premier imam, à la succession de Mahomet.
En Arabie saoudite, où la communauté chiite forme quelque 10% de la population, un dignitaire chiite a également rapidement condamné les propos de l'activiste koweïtien Habib.
Au Koweït, les autorités ont déchu Habib de sa nationalité, l'accusant d'offense à la religion musulmane et d'incitation à la sédition confessionnelle.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a émis début octobre une fatwa interdisant toute offense contre Aïcha ou de toute autre figure de proue de l'islam sunnite.

La Croix


De plus en plus de Saoudiennes défient l'accord parental sur le mariage

De plus en plus de femmes saoudiennes tentent de se marier sans l'accord parental, défiant une tradition tribale ancrée dans leur société ultraconservatrice qui laisse au gardien mâle le dernier mot dans le choix d'un mari.



Ces femmes, qui ont généralement une bonne éducation et un emploi, s'adressent parfois à la justice pour tenter de prendre le contrôle de leur vie conjugale.
En juillet, un tribunal de Médine, dans l'ouest du royaume, a rejeté la requête d'une femme médecin de 42 ans qui voulait se marier contre la volonté parentale avec un chirurgien de ses collègues.
Le juge a souligné que cette femme n'avait pas obéi à son père en tentant de se marier avec quelqu'un qui n'était pas de son clan tribal.
"Malheureusement nous sommes face à un paradoxe. Des fillettes de 10 ans sont forcées de se marier, alors que des femmes adultes ne peuvent le faire pour des raisons illogiques", constate Souhaila Zainal Abidin, de l'Association nationale des droits de l'Homme, interrogée par l'AFP.
"Nous voulons éliminer ce phénomène du à l'ignorance", renchérit Amal Saleh, professeur d'université qui anime une page Facebook sur cette pratique.
L'islam encourage le père à donner son accord à tout prétendant désirant épouser sa fille si le candidat est vertueux et musulman pratiquant, mais les traditions en Arabie saoudite ont de fort relents tribaux qui donnent au père la haute main sur le choix du mari de sa fille.
Il en résulte que la justice n'autorise pas de mariage contre la volonté du père, du frère ou de l'oncle quand le père est mort.
Le père refuse souvent de donner sa fille en mariage hors de sa tribu, qui reste la structure de base de la société saoudienne.
"Il y a des pères qui se marient hors de leur tribu mais qui refusent de donner leurs filles en mariage hors de la leur", déplore Mme Zainal Abidin.
Dans d'autres cas, le refus est justifié par le fait que la jeune femme a été promise à un autre depuis son enfance.
Enfin, certaines ne peuvent pas se marier avant leurs aînées.
Maha, une Saoudienne contactée par l'AFP par e-mail est un cas typique. A 26 ans, elle a refusé d'épouser un homme de sa tribu, estimant qu'il ne faisait pas l'affaire. Depuis, tous les candidats au mariage trouvés par ses proches ont été rejetés par son père car ils n'étaient pas de sa tribu.
"Mon père et mes frères ont refusé continuellement et maintenant, alors que j'ai atteint 38 ans, ils veulent me marier à un homme de 42 ans, qui est dépendant du hachisch", dit Maha.
Depuis six ans, 86 femmes se sont adressées à la justice pour demander la levée de l'embargo paternel, dont 13 en 2010, selon l'Association nationale des droits de l'Homme.
Mais "certains juges soutiennent les pères, ce qui empêche les filles de se marier et de devenir des mères", regrette Mme Zinal Abidin.
Aziza, une enseignante à l'université, raconte que son père a refusé de la marier en affirmant que "personne ne me mérite". A trente ans "j'ai voulu lui en parler" mais cela l'a mis hors de lui, a-t-elle déclaré à l'AFP.
Enfermée, interdite de contact avec l'extérieur, elle a essayé de se suicider plusieurs fois. "Aujourd'hui, j'ai 39 ans et je ne suis toujours pas mariée".
Nora Mohammed indique quant à elle avoir été gardée à la maison pour que son père puisse empocher des allocations familiales.
"Aujourd'hui, j'ai 42 ans et personne ne veut me prendre en mariage sauf ceux qui sont deux fois plus âgés".
Pour Mme Saleh, "la principale raison (de ce phénomène) est l'ignorance des enseignements de la religion". Elle rappelle une fatwa (avis juridique) du cheikh Abdalah ben Jibrine, qui considérait qu'un père ne peut pas empêcher sa fille de se marier.
"Tout ce que nous voulons c'est l'application de cette fatwa" ou du moins la levée de l'interdiction pour les femmes de plus de 35 ans, dit-elle.

Arabie Saoudite : bref coup d’oeil sur le registre des fatwas

Bref coup d’œil sur quelques fatwas (décrets religieux) officielles, en vigueur en Arabie Saoudite qui ont été décrétées par le très respecté Conseil des Grands Savants religieux, nommés par le gouvernement [désormais, c’est le seul conseil  habilité à émettre des fatwas dans le royaume,Les fatwas, sont consultables en arabe et en anglais ICI.





FLEURS AUX MALADES:

”Cette pratique est inacceptable car elle génère du gaspillage d’argent à des fins non-utiles, en imitant les adversaires d’Allah dont c’est la coutume.”

CINÉMAS:

“Il n’est pas permis à un musulman de construire une salle de cinéma, ou de la gérer pour lui-même ou pour autrui, car le cinéma procure de l’amusement qui est interdit. Comme on peut le voir aujourd’hui à travers le monde, il montre des scènes obscènes et des images qui provoquent des désirs et promeuvent la luxure et l’immoralité. En outre, il favorise la mixité entre des femmes et des hommes qui ne sont pas Mahram (conjoint ou parents). “

PISCINES:

“Le mélange des garçons et des filles pendant l’étude est haram (interdit). La même chose s’applique à la douche et au bain tout nu (ou semi nu) dans une piscine, qu’ils soient jeunes ou vieux, parce que la conséquense de cela est la fitna (des troubles) , et parce qu’on voit les “awra” (les parties intimes du corps qui doit être couvertes en public) des autres, c’est aussi considéré comme une porte pour le mal et le diable.”

LES RELATIONS AVEC LES NON-MUSULMANS:

“Un musulman ne doit pas commencer à saluer des non-musulmans. Toutefois, lorsque les Juifs, Chrétiens, ou autres disent Salam (salutations), il faut répondre” Wa `Alaykum” (à vous de même) … C’est l’une des rares priorités que les non-musulmans ont sur les musulmans. Cela inclut également le droit d’être un bon voisin. Vous ne devez pas nuire à vos voisins non-musulmans. Vous devrez leur donner la charité s’ils sont dans le besoin. “
“Il n’est pas permis à un musulman de se rendre aux funérailles d’un kafir (mécréant), car cela est considéré comme un acte de loyauté à son égard, ce qui est haram (interdit). Cependant, consoler les proches est acceptable.”
“Les relations basées sur l’affection, l’amour mutuel et la fraternité entre un musulman et un kafir sont interdites. Cela pourrait transformer un musulman en kafir. Il n’ya rien de mal, toutefois, si la relation développée entre les musulmans et les Kafir ne dépasse pas la vente ou l’achat d’un bien ou d’accepter une invitation du Kafir si la nourriture est licite ou d’accepter un cadeau légal, à condition que ce cadeau ne nuise pas à la foi du musulman. “

Source : Bivouac-id

vendredi 8 octobre 2010

Na Nouara : Militante au courage exemplaire


Militante jusqu’au bout des doigts, d’un esprit vivace et d’un courage indestructible, Nouara Naït Mebarek, appelée communément Na Nouara, 70 ans, participe, comme à l’accoutumée, au rassemblement tenu pour soutenir les deux non-jeûneurs.

Vêtue d’une robe traditionnelle bleu ciel fleurie, d’une fouta kabyle et d’un foulard qui laisse glisser quelques mèches grises, Na Nouara se faufile dans la masse. Elle se permet même un bain de foule entre ses acolytes militants des droits de l’homme, le sourire aux lèvres malgré les rides sillonnant son visage. Native du village Tifilkout, dans la commune d’Illiltène, Na Nouara a grandi dans le fief de la protestation. D’un père et d’un frère moudjahids, la septuagénaire lance fièrement : «Je vis pour les droits de l’homme, contre l’injustice et le mépris. Je n’ai pas eu peur du colonialisme français que j’ai affronté sans arme, alors ce n’est pas le nouveau colonialisme algérien qui me ferait peur.» Na Nouara ne rate aucune date, marche ou rassemblement, pour manifester avec courage et exprimer ses idées et positions.


De Ifri, dans la wilaya de Béjaïa pour célébrer le 20 août 1956, à Alger pour assister à un sit-in de solidarité pour le journaliste Mohamed Benchicou, Na Nouara n’hésite pas à répondre présente lorsque le militantisme pour la liberté l’appelle. Mais une lueur sombre traverse ses yeux harassés de fatigue, lorsqu’elle évoque les 126 victimes du printemps noir de 2001 et le souvenir d’avril 1980. Mères de trois filles et d’un garçon, Na Nouara affirme inculquer ses propres idées à ses enfants qui ont déjà pris la relève. Même si elle puise son courage de sa famille, comme elle le décrit bien : «Le militantisme est dans le sang», son chien Bimbo prend la place de son bras droit.

Et elle ne manque pas d’ironie, lorsqu’elle raconte ce jour où... elle a lâché Bimbo sur le wali de Tizi Ouzou, lors d’une visite après les évènements de 2001. Même le président Abdelaziz Bouteflika n’a pas été ménagé par ce bout de femme qui a jeté des pierres sur son cortège à l’occasion d’une visite dans la région en 2004 !

El Watan

jeudi 7 octobre 2010

Infanticides, violences sexuelles, violences physiques…

Les chiffres et les témoignages effarants sur les violences contre les enfants en Algérie 

Le bilan établi par la direction de la police judiciaire sur les violences subies par les mineurs est effarant. Selon le document dont TSA s’est procuré une copie, durant le premier semestre 2010, quelque 2 725 enfants ont été maltraités. Six d’entre eux, ont succombé à leurs blessures et 10 ont été victimes d’infanticide. Dans le détail, cela donne 1 523 actes de violence physique, 249 mauvais traitements, 105 détournements de mineurs et 832 violences sexuelles dont de nombreux actes de pédophilie. Parmi les abus sexuels, 64 viols sont comptabilisés, 560 actes contre nature (sodomie), 12 incestes, 181 attentats à la pudeur et 15 cas de pornographie infantile.


Plus que les chiffres, les témoignages des victimes ou de leur entourage renseignent sur l’ampleur du drame. Exemple : un garçon d’une dizaine d’années, victime d’un acte de pédophilie commis par le voisin d’en face, se précipite pour se confier à sa mère. Cette dernière informe le père qui dirige toute sa colère contre son fils. Il lui reproche de ne pas avoir su se protéger, avant de le tuer.

La démission des parents envers leur progéniture est également illustrée par le cas d’une fillette de trois ans, violée elle aussi par un riverain. L’ayant trouvée tard le soir encore à jouer dans la rue, l’auteur du viol l’entraîne dans une bâtisse en construction, la met sur ses genoux et abuse d’elle. Son frère, son aîné de deux ans, est témoin de la scène mais ne saisit pas sa portée. Ne voyant pas leur fille rentrer, les parents s’inquiètent et entament les recherches. C’est à ce moment-là que leurs fils leur confie qu’il a vu sa sœur en compagnie du voisin, qui selon lui, lui offrait des bonbons. Les victimes de ce genre de sévices sont âgées, généralement, de moins de dix ans. Le « prédateur », c’est monsieur « tout le monde ». C’est un membre de la famille, un voisin, l’enseignant… Sa situation familiale est également sans caractéristiques particulières. Il est célibataire, marié et même père de famille.

Seuls l’endroit et l’heure sont communs à tous les drames qui ont eu lieu sur la voie publique. En effet, l’auteur de l’agression guette sa proie dans des endroits déserts, le soir ou à l’heure de la sieste. Les enquêteurs de la police judiciaire rendent les parents, en partie responsables dans beaucoup de cas de violences survenus à l’extérieur du domicile. A cause de la démission parentale, les enfants sont non seulement traumatisés par un acte contre nature, mais de surcroît exposés aux risques de contracter le Sida ou autres maladies sexuellement transmissibles.

Par TSA"Tout sur l'Algérie"

mercredi 6 octobre 2010

Le Danger islamiste et l’Europe ( Mise à Jour)

En Europe on constate, ces dernières années, la progression de l’idéologie islamiste qui prend de l’ampleur dans les pays tels que la Grande-Bretagne les Pays Bas ou bien la France qui deviennent exportatrices de l’islam. Quand on voit des jeunes islamistes venus de ces pays (dont je suis témoin) afin de prêcher dans des pays dont l’islam est religion d’État comme l’Algérie ainsi que l’a déjà écrit un confrère dans un article paru sur kabyles.net.


J’ai visionné sur le site Youtube une vidéo, d’une racaille a barbe invitée, sur un plateau de télévision où le débat se déroule à propos de l’islam hors d’Europe. Ce qui est frappant durant le débat c’est que le barbu n’a pas cessé de répéter que tous ceux qui ne sont pas musulmans sont considérés comme des ennemis d’Allah et que c’est un crime, contre leur soit disant Dieu ou Allah comme ils aiment l’appeler, ils doivent donc mourir parce qu’ils n’acceptent pas l’islam.


Tous les attentats commis en Europe sont contre les ennemis de l’islam et d’Allah et semblent normaux aux yeux de ce barbu.

Ce qui m’étonne c’est qu’il n’y a eu aucune réaction des décideurs européens, qui laissent passer des messages appelant au meurtre, tout en voulant nous faire croire qu’ils font tout pour combattre le terrorisme international perpétré par l’islamisme dans les quatre coins du monde.

Ceux que les pays occidentaux ont protégé, en leur donnant des droits pour leur permettre d’exercer librement leur religion, comme lors de l’assemblée parlementaire du 19 septembre 1991 (recommandation 1162 (1991) 1) relative à la contribution de la culture islamique à la culture européenne, dans laquelle il est dit « l’islam a souffert et continue de souffrir de l’image déformée que l’on en donne à travers, par exemple, des stéréotypes hostiles ou orientaux, et les Européens sont peu conscients tant de la valeur de sa contribution passée que du rôle positif qu’il peut jouer aujourd’hui dans notre société. Les erreurs historiques, l’approche sélective adoptée par l’enseignement et la présentation simpliste qui est celle des médias sont responsables de cette situation ». Sans réfléchir au fait que la charia islamique est en contradiction avec les lois républicaines. Je me pose la question suivante : quel est le rôle positif que celui de poseur de bombes dans les métros, les aéroports ou magasins ?

L’Europe a perdu toutes ces valeurs quand on voit des pays s’inspirer de la loi coranique, ou le Royaume-Uni interdire l’entrée à un député européen, sur leur sol, pour la seule raison que Geert Wilders a essayé de mettre en garde contre le danger islamique.

Par ailleurs en France on constate la fermeture des églises ou des lieux de mémoire pour les remplacer par des mosquées. La politique européenne d’aujourd’hui est comme un bateau ivre et le peuple européen souffre le martyr et voit chaque jour sa culture et ses convictions écrasées par leurs gouverneurs et leurs amis de la péninsule arabique.

L’Algérie a été frappée de plein fouet par des fanatiques musulmans. A cause de la tolérance des voisins de l’autre rive de la Méditerranée ; des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants ont été sauvagement massacrés. Des intellectuels, des artistes et des démocrates se font égorger. Cela n’a pas empêché les pays européens d’accueillir certains de ces islamistes. Ils peuvent librement faire leur propagande et prêcher dans les mosquées pour appeler au djihad.

Plus d’une décennie de terrorisme en Algérie avec comme seule réaction de l’Occident, la célèbre question « Qui tue Qui ». Il a fallu attendre que le pays de l’oncle Sam soit touché pour que des voix se fassent entendre, afin de faire un barrage à ce danger. Il faut faire ici une parenthèse et aborder le domaine de la théologie. L’islam ne connait pas la notion de "galout" – l’exil en hébreu. Par exemple Le peuple d’Israël ou d’autres peuples peuvent se trouver en exil sur une terre qui n’est pas la leur, mais cette notion n’existe pas dans l’islam, car les musulmans ont une notion "territoriale" universelle du monde !

A partir de là, la présence de musulmans sur une terre non islamique ne peut s’expliquer, en terme de théologie islamiste, que dans une dimension de djihad, c’est-à-dire de conquête… Lorsque les musulmans sont minoritaires, le problème ne se pose pas : ils sont en situation « d’impossibilité de djihad » ; mais dès qu’ils parviennent à une réalité démographique tangible, le pays où ils se trouvent devient potentiellement une contrée islamique, et la tentation est grande chez les islamistes de transformer cette terre d’accueil en terre musulmane !

Il faut rappeler que leur objectif n’est pas l’intégration, comme veulent le faire croire certains. Ils veulent imposer la charia en l’Europe et dans le monde ; quitte a tuer jusqu’au dernier homme libre.

Ces personnes sont les ennemies de toute civilisation, de la démocratie et de la laïcité. Je vous invite à regarder une vidéo ou deux islamistes s’expriment sur l’objectif des musulmans en Europe.

Chronique de Hakim Laâlam

Après avoir lu l’interview de Chadli à une revue scientifique japonaise, j’avoue que j’ai eu peur. Très peur.

Bien sûr qu’il faut être soulagé après la relaxe des «déjeuneurs » par la justice. Et j’écris sciemment «soulagé» et non pas «heureux». Attention à ne pas mélanger les deux sentiments, le soulagement et le bonheur. Car, même s’il y a eu relaxe, ce procès, et les requêtes du ministère public restent à mes yeux une date charnière dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Ça n’a pas eu lieu sous Boumediène. Ça n’a pas eu lieu sous Chadli. Ça n’a pas eu lieu sous Boudiaf. Ça n’a pas eu lieu sous le HCE. Ça s’est déroulé sous Abdekka. Des policiers algériens ont embarqué des citoyens algériens au motif qu’ils déjeunaient sur le sol algérien, les ont présentés devant une justice algérienne qui a requis contre eux des peines lourdes. Aucune relaxe ne peut effacer cela ! Aucun you-you à la sortie du tribunal ne peut estomper ce sentiment de rage indicible. L’islamisme avait déjà gagné à l’ouverture même du procès. Le fait que des magistrats, des avocats, des procureurs aient siégé sur cette question de bouffe dans un tribunal sur le fronton duquel est accroché un drapeau algérien, c’est une déroute pour la démocratie. Aujourd’hui, il n’y a rien de plus facile que de se dire «Ô ! Et puis, finalement, ça va ! Ils ont été relaxés. On ne va pas en faire un plat !». Non ! Personnellement, je ne vais pas en faire un simple petit plat, mais j’en fais carrément un vaisselier, une cuisine, une cantine ! Le fait que le procès de Aïn-El-Hammam se soit ouvert, c’est assurément la porte jusque-là entrebâillée à la justice islamique qui vient d’être grande ouverte, pour ne pas dire descellée, explosée. Combien d’autres procès vont se tenir sous cette bannière-là ? Je ne sais. Je ne suis pas devin. Mais l’intégrisme a reçu 5 sur 5 le message. Car, lui sait recevoir ce genre de messages sur-le-champ, et les interpréter de la seule manière possible. Et ce message peut se résumer à ceci : désormais, ils peuvent ! Les frères peuvent y aller. Quand j’écris les «frères», je pense à toutes les forces auxiliaires de l’intégrisme armé. Celles qui n’ont pas eu besoin de monter au maquis. Celles qui nous pilonnent ici, en bas, dans la vallée, quotidiennement. Ces forces-là viennent de se voir réarmées et réapprovisionnées en outils de mort et de castration à l’occasion de ce procès en Kabylie. En cela, je m’excuse de ne pas pouvoir faire montre de bonheur aujourd’hui à l’annonce de cette relaxe. Car je vois le bûcher toujours là, monté et prêt. Pour d’autres procès. Pour d’autres exécutions. Dois-je rappeler un nom ? Un prénom ? Gharbi. Mohamed Gharbi. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.


Par : Liberté

«La religion musulmane opprime les femmes»


Menacée de mort par sa famille, Sabatina James a déménagé seize fois en neuf ans


PORTRAIT - Sabatina James, autrichienne d'origine pakistanaise mariée de force, publie son témoignage...

On s'attend à voir une femme au regard inquiet, marquée par les brimades subies au Pakistan et les menaces de mort qui la poursuivent jusque chez elle, en Allemagne, où elle s'est réfugiée en 2004 après avoir fui sa famille. Mais c'est une superbe jeune femme au pas assuré qui entre dans la pièce. Le «cauchemar» des policiers qui assurent sa sécurité s'appelle Sabatina James – un faux nom –, a de longs cheveux bruns qui tombent sur les épaules, des yeux de biche, du gloss sur les lèvres, et porte un corsage décolleté sur pantalon moulant. Sabatina James est en France pour la sortie jeudi de son livre-témoignage, Mourir pour vivre à nouveau (éd. Le Cherche Midi, 16 euros).


Promise à un cousin au Pakistan

Elle y raconte sa vie d'avant, celle d'une Pakistanaise née dans une famille de mollah, une «bonne musulmane» dont la vie a basculé lorsque sa famille s'est installée en Autriche à ses 10 ans. Elle s'occidentalise à vue d'œil. Ses parents laissent faire – c'est encore une enfant.

Devenue femme, c'est le boomerang: ses tee-shirts, ses amis, ses aspirations, tout est injure aux yeux de ses parents, qui lui rappellent qu'elle est promise depuis des années à un cousin au Pakistan et qu'elle a intérêt à filer droit. Révolte, insultes, tabassages répétés, Sabatina encaisse tout, mais refuse ce mariage. Ses parents rusent en lui assurant que si elle revient avec eux au Pakistan, elle fera ce qu'elle veut.

Elle tombe dans le piège et les suit. Elle finira fiancée à son cousin, puis jetée dans une école coranique pour la remettre dans le droit chemin. Devenue soumise et effacée, elle a la permission de revenir en Autriche. Elle y rencontre Christian, un ami chrétien qui va l'amener à se convertir. «J'ai compris que la violence qui m'entourait n'était pas liée à ma culture, mais à ce qui est écrit dans le Coran: ‘‘Il faut battre sa femme si elle n'obéit pas'', dit un verset. Le christianisme m'a aidée à devenir libre», explique-t-elle.

Mais «au Pakistan, les gens qui renoncent au Coran sont tués». Menacée de mort par sa famille, elle déménage seize fois en neuf ans. Elle n'a plus entendu parler d'elle depuis dix ans, mais vit toujours recluse. Car depuis la sortie de son livre, un best-seller en Autriche, ceux qui ne supportent pas de l'entendre dire que «l'islam opprime les femmes» et que «cette religion doit se réformer» ont juré de la tuer.

Source: 20 Minutes

mardi 5 octobre 2010

Douze arrestations en France dans la mouvance islamiste

La police a mené mardi deux coups de filets dans des affaires distinctes, qui interviennent dans un contexte d'alerte générale face à la menace d'attentats.

Douze personnes suspectées d'appartenir à des réseaux islamistes a été interpellée, mardi 5 octobre, à Marseille dans le cadre de deux opérations policières distinctes menées par les renseignements intérieurs (DCRI) et la sous-direction antiterroriste (SDAT), révèle LCI.


La simultanéité des deux opérations relève, de prime abord, d'un «hasard de calendrier», a assuré une source proche de l'enquête. Mais elles ont été menées alors que les appels à la vigilance face à la menace d'attentats en France se multiplient.

En début de journée, les policiers de la DCRI ont arrêté trois individus : deux à Marseille et le troisième à Bordeaux. Ils sont tous soupçonnés d'«association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Ces hommes seraient membres d'une cellule de logistique islamiste proposant des hébergements et des faux-papiers aux djihadistes qui rentrent en France après avoir suivi un entraînement dans la zone pakistano-afghane.

La police a remonté la piste du groupe après la découverte de leurs coordonnées dans les affaires d'un islamiste présumé, arrêté samedi dernier à Naples en Italie. Ryad Hannouni, 28 ans, a été interpellé en possession d'un kit de fabrication d'explosifs. Présumé dangereux, il était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen et pourrait être extradé vers la France.

Plus tard dans la journée, les policiers de la SDAT ont arrêté neuf hommes soupçonnés de vouloir se procurer des armes et des explosifs dans des réseaux de grand banditisme. Les interpellations, elles aussi sous le chef d'accusation d'«association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», se sont produites dans la région marseillaise et à Avignon. Certains des suspects avaient déjà été condamnés dans les années 1990 à des peines de prison pour le même type de faits. «Quelques armes, dont une kalachnikov et un fusil à pompe, ainsi que plusieurs munitions» ont été saisies au cours d'une perquisition, révèle une source policière.

Source: Le Figaro

Algérie: deux chrétiens accusés d'«offense à l'islam» sont relâchés

Algérie — Le tribunal de Ain El Hammam en Kabylie (160 kilomètres à l'est d'Alger) a prononcé mardi la relaxe en faveur de Hocine et Salem Fallek , deux Kabyles récemment convertis au christianisme, accusés d'«offense aux principes de l'islam» pour avoir déjeuné en plein mois de ramadan, a-t-on appris de sources judiciaires ,enfin La solidarité et la mobilisation ont fini par payer .


Le 21 septembre, le procureur du tribunal de Ain El Hammam avait requis des peine de trois ans ferme contre les deux prévenus, laissant en délibéré le verdict, en raison de la pression de centaines de manifestants regroupés autour du palais de justice au moment de l'ouverture du procès.

Hocine et Salem Fallek, ouvriers du bâtiment respectivement âgés de 47 ans et 34 ans, avaient été interpellés le 12 août par la police qui les avait surpris en train de déjeuner pendant le mois de ramadan. Ce qui est considéré par la justice algérienne comme une «offense aux principes de l'islam»: pendant le ramadan, mois sacré du jeûne musulman et troisième pilier de l'islam, tout croyant se doit de jeûner du lever au coucher du soleil.

La défense, un collectif de cinq avocats, a salué «une victoire de la justice» en espérant le même verdict dans deux autres procès, pour les mêmes accusations, qui doivent se dérouler le 10 octobre puis le 8 novembre.

Pour sa part, le collectif «SOS-Libertés», composé d'intellectuels et universitaires, a dit dans un communiqué «prendre acte de ce verdict qui rétablit dans leurs droits les deux victimes de l'arbitraire» et salue «la mobilisation citoyenne qui l'a rendu possible».

lundi 4 octobre 2010

Italie : crimes d”honneur” à coups de barre d’acier et de pierre


Modene - Un père et son fils, pakistanais, “punissent”à coups de barre d’acier une mère et sa fille qui refusent un mariage arrangé. Puis avec une pierre, utilisé peut être seulement par le père, réduisent au silence la défense désespérée de la mère. La jeune femme est dans un état grave mais ces jours ne seraient plus en danger, la maman est morte. L’histoire rappelle celle de Hina Saleem, la pakistanaise de 21 ans qui voulait vivre “de manière occidentale” et qui fut égorgée pour ce motif le 10 aout 2006 à Brescia dans la maison de ses parents. Cependant à Brescia la jeune Hina mourut et la mère était d’accord avec les choix du père. Là c’est la maman de Nosheen Butt qui paye le prix fort pour s’être rebellé.


Tout est arrivé l’après midi vers 16:30 dans la cour d’un immeuble du centre résidentiel de Novi de Modéne, rue Bigi Veles 38. Dans cette maison y vivent la famille et leur cinq enfants depuis quelques années et c’est précisément dans le jardin commun que s’est produit le drame.La vingtaine Nosheen s’est rebellé contre la décision familiale d’être donnée comme épouse à un compatriote pakistanais, en présence des autres enfants du couple, Hamad Kahn Butt, ouvrier de 53 ans, et Begm Shnez, 46,

A frapper la jeune fille avec une barre d’acier: le frère de 19 ans, Humair Butt, lui aussi ouvrier, aidé par le père qui aurait ensuite empoigné une pierre et se serait acharné sur sa femme, de 46 ans, la tuant. Quelques voisins ont assisté à la scène et ont appelé les secours, Les Gendarmes sont arrivés immédiatement et ont réussi à arrêter le père et le fils, Amenés à la caserne à Novi pour un long interrogatoire, les deux individus ont choisi de rester muets.

La ressemblance est choquante être cette histoire et celle d’ il y a 4 ans, dans la périphérie de Brescia, pour lequel Mohamed Saleem, le pére de Hina, a été condamné à 30 ans de prison, ainsi que 2 cousins de la victime, Ces deux derniers ont été condamné à 17 ans pour avoir aidé le pére à cacher le cadavre. A Novi-Modéne un refus de mariage arrangé, à Brescia l’envie de vivre librement une relation avec son fiancé Italien, Dans les deux cas, la logique de la possession jusqu’aux plus extrêmes conséquences à transformer deux pères en assassin.

Par : Bivouac-id

Chadli Bendjedid Qualifie L’amazighité de civilisations et cultures près-islamiques

Un document récemment publié au Japon. Il s’agit d’une longue interview accordée par l’ex-président de la République Algérienne, Chadli Bendjedid, à deux chercheurs japonais, Kisaichi Masatoshi et Watanabe Shoko. Ces deux derniers travaillent sur l’Algérie depuis plusieurs années et ont déjà publié le premier livre en japonais sur l’Algérie un document que Liberté nous propose écrit en deux langues, arabe et japonaise.


Chadli Bendjedid y aborde, parfois avec une légèreté déconcertante, des sujets aussi sensibles que l’arrêt du processus électoral, l’amazighité et les évènements du 5 octobre. Ses déclarations sont quasiment inédites. Ainsi à la question : le pouvoir algérien devait-il accepter un gouvernement du FIS ?, l’ex-président a eu cette réponse. “oui, c’est vrai. Si le pouvoir avait accepté les résultats des élections, on ne serait pas arrivé à cette dangereuse situation. J’ai voulu que le peuple algérien assume la responsabilité d’avoir choisi ses représentants en toute liberté (…) il aurait fallu que nous respections le choix du peuple algérien et donner une chance au Front islamique du salut (FIS) de constituer son gouvernement.” Se voulant plus explicite, il dira qu’“il fallait juger le FIS par les lois et la constitution qui régissent l’état, et le fait de ne pas avoir respecté le choix du peuple a été une très grande erreur.” Constant dans sa position, il affirma que “la démocratie a donné au peuple algérien le choix des islamistes en toute liberté, exactement comme cela s’est passé en Palestine quand le peuple palestinien a voté pour Hamas”. Sa “lecture” est d’ailleurs anecdotique. Alors qu’il était le président du pays, il a expliqué que c’était un vote sanction “pour se venger des responsables du FLN qui ont commis de grandes erreurs à l’encontre du peuple algérien et dilapidé son argent, c’est ça la vérité”. Sur sa démission du 12 janvier 1992, Chadli a nié avoir été démis de ses fonctions en relatant ce qui s’est passé. “j’étais pour le processus démocratique et comme le peuple algérien avait choisi l’autre camp, nous devions leur donner le pouvoir et la possibilité de gérer le pays, mais les membres du FLN ont eu peur et ils m’ont demandé d’annuler les résultats des élections et de les refaire. j’ai refusé par respect à la constitution et à la promesse que je m’étais donnée quand j’avais juré sur le Coran de respecter la volonté du peuple algérien (…) quelle aurait été la réaction de l’opinion nationale et internationale si je les avais annulées ? Ils auraient pensé que les réformes qu’avait réalisées Chadli n’étaient qu’une manœuvre pour rester au pouvoir et c’est pour cette raison que j’ai décidé de tout quitter. j’ai déposé ma démission par respect au peuple algérien.” D’ailleurs, il insista sur ce point pour affirmer que “celui qui prétend qu’il y a eu un coup d’état se trompe, parce que j’ai démissionné de mon plein gré sans pression d’une quelconque partie”. Sur la question amazigh, Chadli a exposé un point de vue très réducteur et qui va faire sans doute réagir plus d’un. Ainsi, pour celui qui a présidé aux destinées du pays pendant 12 ans (1980-1992), “l’amazighité est une sorte de tradition et de langue de quelques tribus appartenant à des civilisations et cultures près-islamiques et il reste encore peu de tribus qui tiennent encore à ces origines”. S’improvisant anthropologue, l’ex-président va encore plus loin. “l’amazighité est une langue qui est dépassée par le temps et qui ne pourra pas se développer.” avant d’ajouter : “la langue amazigh a disparu.” Confirmant l’état d’esprit de nombreux représentants du système algérien, et en revenant sur le printemps berbère de 1980, Chadli n’a pas hésité à relier la question amazigh avec… la France. “je le dis sincèrement, il y avait un plan colonialiste de la part des services secrets français pour alimenter le sentiment d’appartenance à l’amazighité pour gagner la sympathie de ses groupes et les relier à la France afin de créer des problèmes internes dans le but d’exercer des pressions politiques sur le gouvernement algérien. et pour prouver ce que je dis, il faut voir ce que fait la France pour enseigner l’amazighité dans ses universités.” Il ajoutera que les évènements de 1980 étaient “politiques sous le couvert de la question amazigh et on peut dire qu’ils étaient politiques et culturels en même temps”. Mieux encore, continuant sur la question identitaire, il souligna qu’“il y a pas de spécificité à la nationalité algérienne ; les algériens appartiennent à la civilisation arabo-islamique”. Il soutiendra que, mis à part l’aspect politique, il n’y avait aucune différence entre les algériens, les tunisiens et les marocains. “du côté culturel, on appartient à la même histoire, culture et civilisation, qui est l’arobo-islamique. cette appartenance culturelle et civilisationnelle se prolonge de l’est du monde arabe jusqu’à l’Ouest et tous nous parlons la langue arabe, mais avec des dialectes différents, rien de plus”. à propos du 5 octobre 1988, l’homme de 91 ans insiste en précisant que “certains membres du FLN” étaient derrière “les évènements”. Selon lui, la cause des manifestations violentes (le bilan officiel était de 110 morts, alors que des sources médicales ont donné le chiffre de 500 morts et plusieurs milliers de blessés) était due au fait que “plusieurs responsables de l’appareil du FLN, et d’autres aussi, étaient contre la démocratie que j’essayais d’appliquer. la démocratie, la liberté de la presse et le fait de permettre au peuple de choisir ses représentants allaient mettre la lumière sur les erreurs des responsables. Tout cela mettrait en danger les avantages qu’ils avaient obtenus grâce au parti unique”. En plus de se présenter comme un démocrate, Chadli Bendjedid s’est aussi affiché comme un capitaliste convaincu. “je suis celui qui a changé le système du socialisme au capitalisme”, soutient-il, avant de revenir sur son parcours personnel. “À travers les longues expériences que j’ai vécues dans le système communiste de Ben Bella et le système socialiste de Boumediene, qui ont échoué totalement, j’ai eu une idée complète et claire sur la situation de l’Algérie.” Il expliquera sa “thèse” en affirmant que “c’est l’immobilisme qui m’a poussé à décider de changer le système et j’ai réalisé l’importance de léguer le pouvoir au peuple algérien, et ce, dans le cadre d’une véritable démocratie”. Cette longue interview publiée dans le n°27 du The journal Sophia Asian Studies est l’une des très rares interventions de Chadli Bendjedid depuis qu’il a quitté le pouvoir en janvier 1992. En 18 ans, il a donné deux interviews : en 2006 à l’hebdomadaire algérien Al Mouhakik et en 2007 à El Khabar. il a également fait une intervention, le 27 novembre 2008, lors du colloque organisé à El-Tarf en hommage au moudjahid Amar Laskri, dit Amara Bouglez, et la dernière remonte au 4 décembre 2008 sur les colonnes de Liberté et d’El-Khabar.


Liberté

Algérie : Condamnation de la réédition des dessins de Mahomet en Occident

Le Haut conseil islamique (HCI) algérien, instance consultative religieuse rattachée à la présidence, a dénoncé dimanche "avec vigueur" la réédition en Occident de dessins portant atteinte à l’islam et à ses symboles sacrés, dans un communiqué publié par l’agence APS.

"Le HCI dénonce avec vigueur la réédition de dessins qui portent atteinte à l’Islam et à ses symboles sacrés dans certains pays occidentaux", selon le texte.


Un livre reproduisant douze caricatures de Mahomet ayant déjà provoqué la colère du monde musulman a été mis en vente au Danemark jeudi, jour anniversaire de leur première parution en 2005 dans le quotidien Jyllands-Posten.

"Ces atteintes répétées à l’Islam et ses symboles sont en flagrante contradiction avec les chartes internationales et les principes fondamentaux des droits de l’homme", a estimé le HCI.

Le conseil a, par ailleurs, "dénoncé les violations, par certains individus, du caractère sacré du mois de ramadhan dans certains endroits du pays et les comportements immoraux affichés par ces derniers dans les lieux publics", en allusion à des chrétiens convertis non-jeûneurs.

Deux chrétiens convertis ont comparu le 21 septembre devant le tribunal d’Aïn el Hammam, dans la région de Tizi Ouzou, en Kabylie (110 km est d’Alger), pour n’avoir pas jeûné lors du ramadan (11 août-10 septembre). Le procureur avait requis trois ans de prison ferme contre eux. Le jugement sera rendu le 5 octobre.

La Croix -AFP

dimanche 3 octobre 2010

Le diagnostic de Redha Malek sur l’état du pays

Bouteflika, l’armée et la transition.




L’ancien chef de gouvernement a mis le doigt sur la plaie lorsqu’il évoquait, hier, l’échec de la transition du pouvoir militaire vers le civil durant le mandat de Bouteflika.Son diagnostic, sans complaisance du système politique algérien, dont il a ajourné toutes les réformes jusqu’à l’émergence des forces démocratiques dans la société, lève le voile sur les tares de la gestion d’un pays qui doit très vite retrouver sa voie.
 
Abdelaziz Bouteflika a échoué dans l’éloignement des militaires des centres de décision. La transition qui devait commencer en 1999 avec l’arrivée au pouvoir d’un président civil n’a pas abouti. Ce constat est dressé par Redha Malek, ancien chef de gouvernement, dans un volumineux livre, paru à Alger aux éditions Casbah, Guerre de libération et révolution démocratique, écrits d’hier et d’aujourd’hui. «L’élection en 1999 de Abdelaziz Bouteflika – à l’appel encore une fois de l’armée, présenté officieusement comme ‘le candidat le moins mauvais’ – contribua à mettre une sourdine aux interventions de l’institution militaire dans la gestion des affaires gouvernementales. Le nouveau président déclarait à qui voulait l’entendre qu’il refusait d’être qu’’un trois quarts de président’.


Mais les conditions dans lesquelles s’exerçait le pouvoir ne permettaient pas à l’armée de renoncer à ses responsabilités débordant largement du domaine sécuritaire», écrit-il. Il a rappelé que le général de corps d’armée Mohamed Lamari, aujourd’hui à la retraite, avait appelé à un retrait de l’armée de la vie politique. En 2004, Bouteflika, qui venait à peine de succéder à lui-même, avait dit que l’armée était appelée à «retrouver sa place au sein de la société dans le cadre du fonctionnement normal des institutions». Bouteflika ne cachait pas sa volonté d’être le chef de toutes les armées. D’où son refus de nommer un ministre de la Défense avec des prérogatives définies. «La réalité des faits est restée sans changement et plus d’un acteur politique en eut pour ses frais», relève Redha Malek. Autrement dit, toutes les lectures et analyses qui évoquaient, au début du deuxième mandat de Bouteflika, la fin de l’intervention des généraux dans la politique, étaient fausses.

L’hebdomadaire Jeune Afrique, qui n’a pas cessé de faire du marketing pour la gestion de l’actuel locataire du Palais d’El Mouradia, avait même écrit ceci : «Réélu avec près de 85% des suffrages, Abdelaziz Bouteflika est toujours, et plus que jamais, le grand patron. Face à lui ? Rien (…) La presse mise au pas, l’armée reléguée dans ses casernes. Désormais, l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Sénat ‘roulent’ comme un seul homme pour ‘Boutef’.» Pour l’ancien porte-parole de la délégation algérienne à Evian, le blocage ne viendrait pas de «généraux» accrochés à leurs privilèges.

Cette analyse est simpliste, selon lui. «Un retrait de l’armée de la décision politique provoquerait une vacuité du pouvoir, que la société civile encore fragile et que les partis divisés sur des questions de fond n’arriveraient pas à combler», a-t-il noté, soulignant le risque d’anarchie. «Le dilemme est clair. La présence de l’armée au cœur du pouvoir n’est pas faite pour favoriser l’ancrage démocratique. D’autre part, son retrait pur et simple n’est pas de nature à favoriser automatiquement une alternative démocratique», a-t-il relevé. Aussi, suggère-t-il une «transition». Comment ? «Simultanément, les forces démocratiques doivent s’organiser afin de se constituer en force sociopolitique consistante, et que l’armée, de son côté, effectue graduellement son retrait de façon planifiée», a-t-il proposé.

«Le temps presse !»

Rencontré hier à la libraire du Tiers-Monde à Alger, à la faveur de la séance dédicace de son livre, Redha Malek a déclaré que cette transition ne sera possible que si la société bouge. «C’est la seule condition pour que les militaires commencent à se retirer petit à petit, surtout qu’ils l’ont dit à plusieurs reprises. Il faut un peu de temps. Mais le temps presse. Cette transition est possible et elle aura lieu», nous a-t-il expliqué. Il ne pense pas être «dur» avec les partis qualifiés pourtant d’être des «appareils du pouvoir» pour le cas du FLN et du RND. «Je n’attaque personne. Je donne des faits», a-t-il lancé. Les dirigeants du pays doivent, selon lui, prendre leurs responsabilités. «Dans quelques années, nous serons quarante millions d’habitants. On ne peut plus diriger quarante millions d’Algériens avec des méthodes vétustes !», a appuyé cet ancien ministre des Affaires étrangères. D’après lui, il y a un lien de continuité entre la guerre de Libération nationale et le développement de l’Algérie.

«L’identité algérienne est estampillée par sa Révolution. L’Algérie s’est faite et se fera elle-même. Cela restera valable pendant des siècles. Nous n’avons pas oublié Jughurta, il n’y pas de raison pour qu’on oublie les Zighout, Boudiaf et Ben M’hidi», a-t-il annoncé.

Une explication donnée après une question sur la déclaration de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, relative aux relations algéro-françaises qui seraient plus simples après le départ de la génération d’indépendance. L’ancien ambassadeur d’Algérie en France, en ex-URSS et aux Etats-Unis a noté que son nouveau livre ne peut pas être assimilé à des mémoires. «Il s’agit de textes écrits à chaud, au cœur de l’événement. En les reproduisant aujourd’hui, on reproduit en quelque sorte l’atmosphère dans laquelle nous avions travaillé. C’est même plus que des mémoires en réalité, c’est une démonstration par a+b de ce que nous avions fait. On ne raconte pas des histoires. On donne des pièces de l’époque, des réflexions», a-t-il souligné. Pour lui, certains textes, qui remontent aux années 1950, ne sont pas encore connus des jeunes, d’autres sont des inédits.

Il a cité le dialogue avec l’internationaliste et compagnon de la libération français, Claude Bourdet, publié à la page 637 de l’ouvrage sous le titre : Occident et rationalité. «C’est un entretien que j’ai eu avec lui bien avant sa mort et qui aborde beaucoup de problèmes qui nous concernent», a-t-il précisé. Décédé en 1996, Claude Bourdet est connu surtout pour être un polémiste et un adversaire de «tous les totalitarismes». Il a, entre autres, publié A qui appartient Paris et L’Europe truquée ; supra-nationaliste. Redha Malek écrira-t-il ses mémoires ? «Peut-être ! Mais là, j’en ai profité pour mettre des notes, pour rappeler certaines choses concrètes», a-t-il répondu. Pour lui, l’inconsistance des institutions, le déclin du sentiment national et la perte du sens civique ne permettent pas une «interprétation sereine» du passé. «Les malheurs indicibles du présent sont automatiquement imputés à la Révolution transformée en boîte de Pandore historique», a-t-il regretté dans la préface du livre. Rédha Malek est auteur d’autres ouvrages tels que L’Algérie à Evian et Tradition et Révolution.

El Watan