vendredi 24 septembre 2010

"Une justice aux ordres, détournée au service d’une idéologie intolérante et liberticide "


Arrestations de non-jeûneurs ou de chrétiens, une justice surprenante de rapidité, ambiance d’inquisition distillée jusque dans certains médias : les libertés semblent menacées. Journaliste et militant des droits de l’homme, Arezki Aït-Larbi se mobilise pour sensibiliser l’opinion publique face aux intolérances : ce dimanche, quatre chrétiens seront jugés à Larbaâ Naït Irathen, alors que les non-jeûneurs de Akbou passeront devant le juge le 8 novembre.

-Quelle est votre réaction suite au procès de mardi dernier intenté aux deux journaliers, Hocine Hocini et Salem Fellak, à Aïn El Hammam ? Vous avez été sur place lors de ce procès, que pensez-vous de la mobilisation citoyenne autour de l’affaire ?


Ce procès a révélé les dérives tragiques d’une justice aux ordres, lorsqu’elle est détournée au service d’une idéologie intolérante et liberticide. On a appris au cours de l’audience que la police judiciaire a eu l’accord du parquet avant d’interpeller les deux «délinquants». Le procureur a justifié cette expédition par le risque de les voir lynchés par la foule en colère. «Faux !», s’insurge un avocat, témoin de l’attroupement, «la seule foule en colère ce jour-là était devant le commissariat pour exiger leur libération !». Lors de leur inculpation, un magistrat du parquet a tenu des propos affligeants. En apprenant leur foi chrétienne, il leur a conseillé de «changer de pays et d’aller en Europe, car ici c’est une terre d’Islam !».

Lorsque des magistrats, censés dire le droit et veiller au respect des lois, s’autorisent des mensonges et des dérapages de café maure, cela révèle l’ampleur de la menace qui pèse sur nos libertés. Que ces dérives soient dictées par des convictions idéologiques ou qu’elles répondent aux besoins d’une provocation planifiée par des forces occultes, cela devient suffisamment inquiétant pour alerter notre vigilance. Un motif d’espoir toutefois, la spontanéité de la mobilisation citoyenne contre l’arbitraire. Près de la mosquée de Aïn El Hammam, j’ai entendu un vieillard, connu pour sa piété et sa sagesse, exprimer sa désapprobation avec colère : «S’ils ont mangé durant le Ramadhan ou s’ils ont choisi une autre religion, c’est leur problème avec leur Créateur ! Que viennent faire la police et la Justice ?»

-Comment expliquer la rapidité de la justice dans ce genre d’affaires alors que le parquet refuse de s’autosaisir dans des affaires bien plus graves, comme les scandales de corruption ?

Dans les régimes autoritaires, la justice est réduite au rôle d’appendice servile de la logique politico-policière. Avec le religieux qui a, peu à peu, squatté la place du politique, puis du judiciaire, il est plus «gratifiant» pour la carrière d’un magistrat de pourchasser des «délinquants cultuels» au nom de la religion, que de s’attaquer à la corruption au nom de la morale et des lois de la République. Dans le premier cas, les cibles sont issues des couches défavorisées de la société. Dans le second, les parrains sont au cœur du pouvoir. De hauts responsables ont été cités dans la presse pour corruption ou détournement de fonds publics. Les coupables présumés n’ont opposé aucun démenti aux accusations et la justice a détourné le regard.

-SOS Libertés a lancé, le 10 août dernier, la veille du Ramadhan, un appel au «respect des libertés de conscience». Quelle en a été la portée ? Pourquoi la «classe politique» ne s’est-elle pas solidarisée avec cette initiative ?

SOS libertés a été créé au printemps 2008, lors des persécutions de chrétiens dans l’Ouest algérien, notamment avec l’affaire Habiba K. de Tiaret qui avait défrayé la chronique. Ce Collectif, qui milite pour «le droit de chaque citoyen de pratiquer le culte de son choix, ou de n’en pratiquer aucun», est un cadre informel ouvert, un cri de ralliement qui intervient pour alerter l’opinion lorsque des libertés sont agressées. Notamment les «libertés orphelines» (comme la liberté de culte), qui ne concernent qu’une infime partie de la population et qui, par conséquent, n’intéressent pas les acteurs politiques.

A la veille du Ramadhan, nous avons appelé au respect de la liberté de conscience et demandé au gouvernement d’autoriser l’ouverture de cafés et restaurants pour permettre à ceux qui ne jeûnent pas d’exercer leurs droits dans la discrétion. Car si le musulman pratiquant est respectable, le citoyen qui ne pratique pas, ou qui a choisi une autre religion, ne l’est pas moins. A l’Etat d’organiser la cohabitation de tous, en protégeant les libertés de chacun. Avec le procès de Aïn El Hammam et les autres qui sont en cours pour «délit religieux», nous n’avons visiblement pas été entendus.

-Quelles seraient les vraies raisons de cette recrudescence de l’intolérance ? Est-ce «l’islamisation» rampante de la société ? L’excès de zèle de certains fonctionnaires ? Une «ambiance» de bigotisme imposée ou encouragée d’en haut ?

C’est un peu la conjonction de tous ces facteurs. Pour «isoler politiquement le terrorisme», le pouvoir avait tenté, dès le début des années 1990, de récupérer les mots d’ordre intégristes, avant d’en devenir le maître d’ouvrage. Aujourd’hui, le piège est en train de se refermer sur la société pour aboutir, au nom d’une «réconciliation nationale» frelatée,à la reddition de l’Etat de droit devant les injonctions des «émirs». Des barons du régime réputés pour une spiritualité de rite Johnny Walker (ce qui, par ailleurs, relève de leur liberté) multiplient les signes ostentatoires de bigoterie pour se conformer aux nouvelles normes sociales. Sur ce terreau, se sont greffées des provocations occultes sur fond de recomposition dans le sérail. Pour donner aux islamistes radicaux de nouveaux gages de «bonne foi» et conforter l’alliance national-islamiste, le pouvoir n’hésite plus, au mépris de la Constitution et des pactes internationaux ratifiés par l’Algérie, à sacrifier les chrétiens et les «mauvais» musulmans, considérés comme des «déviants», dont l’existence même est vécue comme une «offense aux principes de l’Islam».

-Certains pensent qu’après plus de vingt ans de lutte sécuritaire contre l’intégrisme, il semble que ce dernier ait idéologiquement remporté la partie. Qu’en pensez-vous ?

En effet, la défaite militaire du terrorisme s’est paradoxalement soldée par une victoire idéologiquede l’intégrisme. Outre des référents idéologiques communs et des passerelles entre le pouvoir et les islamistes, cela renvoie aussi à une prédisposition pathologique du système à récupérer les slogans de ceux qui le contestent avec le plus de virulence, pour se perpétuer. Pour rétablir l’équilibre et imposer le respect de la diversité dans une société plurielle, une seule voie : la lutte sur le terrain. C’est une erreur de croire à un miracle du «segment moderniste» de l’armée pour restaurer les libertés. Il n’y a rien à attendre non plus des puissances occidentales, plus sensibles aux vertus du négoce qu’à la défense de libertés hors de leurs frontières.

-Le verdict des deux journaliers a été fixé au 5 octobre : une date symbole. Y voyez-vous un quelconque message de la part des autorités ?

Si message il y a, il est sans doute involontaire. Lorsqu’un corps comme celui de la magistrature assume une déchéance aussi affirmée, il ne s’encombre pas de subtilités.

Bio express :

Militant du printemps berbère, Arezki Aït-Larbi a été arrêté le 20 avril 1980 et déféré à la cour de sûreté de l’Etat avec 23 autres personnes. En 1981, il est de nouveau arrêté à l’université d’Alger et passera huit mois en prison. Membre fondateur de la première Ligue algérienne des droits de l’homme, il est arrêté une nouvelle fois en juillet 1985 et inculpé d’atteinte à l’autorité de l’Etat. En février 1989, il est parmi les fondateurs du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Il démissionne de ce parti en octobre 1991 et entame une carrière de journaliste à L’Hebdo Libéré, puis à Ruptures. Après l’assassinat de Tahar Djaout en mai 1993, il crée, avec un groupe d’artistes et d’intellectuels, le Comité vérité, qui émet des doutes sur la thèse officielle attribuant l’attentat au GIA. Correspondant de plusieurs publications étrangères, notamment Le Figaro, Ouest-France et le Los Angeles Times, les autorités lui refusent une accréditation officielle depuis 1995. On lui doit, l’été dernier, l’ouvrage de témoignages sur le printemps berbère, Avril 80.

Entretien Réalisé par El Watan

mercredi 22 septembre 2010

Le procés de la Honte"«Ce n'est pas une raclée, mais une leçon pour la justice»

Le procès de Hocine Hocini et Salem Fellak, poursuivis pour offense à l'Islam pour avoir «mangé » durant le mois sacré du ramadhan s'est tenu mardi 21 septembre au tribunal de Ain El Hammam. A l'issue d'une audience marquée par une grande intensité, le juge a mis en délibèré le verdict pour le 5 octobre prochain. Le procureur a requis 3 ans de prison, les avocats ont plaidé la relaxe et les prévenus, de confession chrétienne, ont réitéré leur droit à la liberté de culte et de conscience.


Il est huit heures en cette première matinée d’automne et la ville de Ain El hammam (150 kms à l'est d'Alger) grouille d’une foule pressée et stressée. La circulation automobile est dense, comme à son habitude dans cette petite ville étroite. Des policiers, en assez grand nombre, déployés aux alentours du tribunal, règlent la circulation et tentent de contenir les dizaines de citoyens présents pour exprimer leur soutien à Hocine Hocini et Salem Fellak dont le procès se tient au tribunal de cette grande bourgade de Kabylie. Arrêtés le 12 août dernier par deux policiers alors qu'ils déjeunaient dans l'enceinte d'un chantier privé, ces deux travailleurs saisonniers, de confession chrétienne, sont poursuivis pour «offense et atteinte à l'Islam».



«Ce procès c’est celui de toute la république qui se retrouve ainsi menacée dans ses fondement...»


Alors que la foule s'amasse devant l’édifice du tribunal, Hocine et Salem arrivent accompagnés de leurs amis et de leurs proches. La présence des amis, des soutiens qui affluent de partout leur fait chaud au cœur. «Ce procès c’est celui de toute la république qui se retrouve ainsi menacée dans ses fondement. Nous sommes victimes de l’excès de zèle de certaines personnes qui interprètent la loi de manière très personnelle. Quant au fait d’être chrétiens, il faut rappeler que la constitution algérienne garantit la liberté de culte», dit Hocine, 44 ans, technicien en informatique, marié et père d'une fillette née le 24 août dernier, converti lui aussi au christianisme depuis 2002. De petite taille, le bouc soigneusement taillé, vêtu d'un survêtement bleu, Salem, 34 ans, opine du chef. Ces deux hommes qui doivent comparaitre devant un juge et risquent trois années de prison affichent pourtant confiance et sérénité.


La salle d’audience est pleine comme un œuf.


Peu avant dix heures, les portes du tribunal s'ouvrent. Des policiers en civil filtrent les entrées. Seuls les personnes munies d’une convocation ou d’une carte de presse ont le droit d’accès. La salle d’audience est pleine comme un œuf. Tous les espaces sont occupés. Dehors, des centaines de personnes prennent place sur le trottoir en face du tribunal. Rarement dans l'histoire de cette grande ville de Kabylie, anciennement baptisée Michelet à l'époque ou l'Algérie était une colonie française, réputée pour son marché hebdomadaire qui draine des centaines de commerçants et de clients qui viennent des quatre coins des montagnes du Djurdjura, on a vu une telle affluence.


«Pouvoir Assassin!Pouvoir assassin!»


Au bout de dix minutes d’attente, l'assistance se lève au grelottement d’une petite sirène qui annonce l’entrée de la cour. Le juge fait signe à l’assistance de s’asseoir. L’audience peut enfin commencer. Le juge, un jeune quadragénaire, appelle Fellak Salem à plusieurs reprises. Les deux prévenus sont encore dans la salle des pas perdus. Happés par la foule, ils n'ont pas pu se frayer un chemin pour faire leur entrée dans la salle d'audience. Hors de lui, un des avocats de la défense, s'en va chercher lui-même ses deux clients qui se présentent enfin devant leur juge.


A la barre, ils sont une bonne douzaine d’avocats dont Mokrane Aït Larbi, célèbre avocat et militant des droits de l'homme, les avocats du parti RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie)ainsi que ceux de la ligue algérienne des droits de l’homme. Une belle brochette de magistrats venus plaider la cause de Hocine et Salem. Le juge vérifie l’identité des prévenus. De la rue montent des slogans rageurs: «Pouvoir Assassin!Pouvoir assassin!» Les cris des manifestants sont tellement assourdissants qu'il devient presque impossible d’entendre le juge et le procureur d’autant plus que la salle n’est pas équipée de micros.


«Pour que la procédure soit légale, il aurait fallu que la police judiciaire fasse valoir un mandat de perquisition»


Le réquisitoire du procureur est bref. Le représentant de la chancellerie rappelle l’essentiel des accusations portées contre les deux prévenus puis ce fameux article 144 bis 2 du code pénal pour lequel Hocine et Salem se sont retrouvés devant le juge. La défense passe enfin à l’offensive. Le premier avocat axe sa stratégie sur un vice de procédure : les policiers qui ont procédés à l'interpellation des deux prévenus n'étaient pas en possession d'un mandat de perquisition le jour où ils s'étaient présentés dans le chantier dans lequel travaillaient les deux prévenus. Appartenant à un privé, clôturé, le lieu de l'interpellation ne pouvait être assimilé à une place publique. «Pour que la procédure soit légale, il aurait fallu que la police judiciaire fasse valoir un mandat de perquisition», assène l’avocat. Il demande donc l’annulation pure et simple des poursuites judicaires. Le procureur prend la parole, mais s’exprime d’une voix si faible que nous n’arrivons pas à saisir le moindre mot. Le juge interroge Salem sur les circonstances de l’arrestation. Celui-ci expédie ces circonstances en quelques mots avant de charger le procureur : «Quand j’ai dit que j’étais de confession chrétienne, le procureur m’a demandé d’aller vivre en Europe!», s’offusque-t-il. Jeudi 12 aout, lorsque celui a été présenté en compagnie de Hocine devant la procureur-adjointe, celle-ci avait rétorqué : « Ici, nous sommes dans un pays musulman, si vous êtes chrétiens, vous devez changer de pays!»


«Tu sais qu’il est interdit de «manger le ramadhan»?»


C’est au tour de Hocine d’être interrogé. Calmement, posément, il rétorque qu’en Algérie il n’y a aucune loi qui interdit de ne pas manger durant le mois de ramadhan ou d’être chrétien. «Il est impossible qu’on nous ait vu de l’extérieur, plaide-t-il. Nous étions dans le chantier et derrière un mur de briques. Même à partir d’un avion, ils ne nous auraient pas repérés». La salle éclate de rire. Le juge interpelle Hocine : «Tu sais qu’il est interdit de «manger le ramadhan»?» Hocine, sans se démonter, répond du tac au tac. «Oui, dans les lieux publics». A l'extérieur de la salle d'audience, une personne improvise un discours à la foule qui applaudit à tout rompre.


Le procureur annonce que 20 personnes ont porté plainte contre les deux prévenus


Le procureur revient à la charge. Doctement, il annonce que 20 personnes s’étaient présentées devant les services de sécurité pour demander qu’on l'on arrête ces deux mécréants qui déjeunaient au mépris de l’un des préceptes sacrés de l’islam. Il termine son intervention en rappelant que si la constitution algérienne garantit la liberté de culte, cette liberté a ses limites. L’un des avocats bondit pour saisir au vol cette accusation. Il répond : «Je ne dis pas que le procureur ment, mais dans le dossier de l’accusation il n’y a aucun élément qui prouve que des gens, au nombre de 20, se sont présentés devant les services de sécurité pour se plaindre. Où sont donc les procès verbaux?» Silence dans la salle. A ce niveau, le procès devient carrément burlesque. Le pays est ensanglanté par le terrorisme, miné par l’affairisme, ravagé par la violence sociale, gangrené par la corruption, et voila que la justice algérienne, sous les traits d’un jeune juge, instruit le procès de deux modestes ouvriers de chantier coupables d’avoir pris leur déjeuner durant le mois de ramadhan. Burlesque!


«Seul Dieu a le droit de punir le non jeûneur!»


D’autres avocats montent au créneau. Ils s’emploient chacun à démontrer le vice de procédure. S'il y avait une effraction, il faudrait la chercher du côté de la police qui a violé l'intimité et la propriété d'un domicile privé, explique l'un d'eux. Un vieux ténor du barreau soutient lui qu'il n'existe aucun verset dans la Coran, aucun témoignage dans la vie du prophète Mohamed, absolument rien, qui prévoient une punition, un châtiment, à l'encontre des gens qui n’observent pas le jeûne. «Seul Dieu a le droit de punir le non jeûneur!», tonne-t-il. Visiblement, les avocats jouent sur du velours. Un quatrième avocat s’interroge: «Réfléchissez bien messieurs. Si deux chrétiens sont condamnés aujourd’hui en Algérie, combien de musulmans seront condamnés demain en occident?» La foule applaudit.


Un sandwich et une bouteille de limonade comme pièces à conviction


C’est au tour de Mokrane Aït Larbi de passer à l’offensive. Il passe en dernier. Redoutable tribun, rompu aux arcanes de la justice algérienne, aussi à l'aise en arabe qu'en français ou en kabyle, il porte l’estocade. Me Aït Larbi choisit le registre de la dérision. Il souligne d’emblée que dans de nombreuses affaires jugées par la justice algérienne, les pièces à conviction font défaut. Dans le cas de Hocine et Salem, ces pièces là sont dûment consignées dans un procès verbal présenté devant la justice algérienne. De quelles pièces s'agit-il ? Des restes d’un sandwich et d’une bouteille de limonade!


«Nous demandons seulement nos droits.»


Aït Larbi poursuit. Que dire de ceux qui déjeunent dans les hôtels huppés d'Alger, le Sheraton, le Hilton ou le Saint George (El Djazaïr) pour 5000 dinars le repas? Eux ne courent aucun risque de se retrouver un jour devant un juge. Ce n'est pas le cas de Hocine et de Salem..L'avocat prévient contre une talibanisation du pays et termine sa plaidoirie en soulignant qu’à cette allure, on aura bientôt une police islamique traquant dans la rue les gens qui ne font pas la prière. Comme en Afghanistan. Mokrane Aït Larbi rappelle également que la police est restée passive devant les dépassements subis par les chrétiens en Algérie comme dans le cas de cette église qui a été brûlée à Tizi Ouzou en janvier 2009. Il conclut: «Le chrétien, certes, doit respecter le musulman, mais il faut que cela soit réciproque». Le juge demande un dernier mot à Salem Fellak. Celui-ci s’exécute : «Nous demandons seulement nos droits.» Nous n’entendrons pas la réponse de Hocine. Le juge annonce que le verdict est mis en délibéré jusqu’au 5 octobre prochain. La séance est levée.

«Il ne s’agit pas d’une raclée, mais d’une leçon»


Dans le couloir côté cour, les avocats de la défense échangent des mots avec le juge. Tout le monde a le sourire et s’accorde à dire que la séance n’a pas été excessivement longue. Des banalités qui permettent d’évacuer la tension dans la forme plutôt que dans le fond. Selon les avocats, l’on s’achemine vers un non lieu. «Il y a une réelle volonté d’apaisement. Ils tentent de rattraper les excès de zèle qui nous ont mené jusque là», dit l’un des avocats du collectif de Mokrane Aït Larbi.


A l'extérieur du tribunal, Hocine et Salem sont happés par la foule qui leur exprime un soutien indéfectible. Ils sont félicités et congratulés de toutes parts. Salem dit que la justice vient de prendre une raclée. Hocine le corrige. «Il ne s’agit pas d’une raclée, mais d’une leçon». Il est vrai que les avocats ont été brillants. Et les prévenus dignes.

REPORTAGE : DNA

Al Qaïda au Maghreb islamique revendique l'enlèvement des otages au Niger

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué, dans un message diffusé mardi 21 septembre sur le site Internet de la chaîne qatarie Al-Jazeera, l'enlèvement des cinq Français et des deux Africains au Niger, jeudi dernier. Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a indiqué qu'il allait faire des demande aux autorités françaises à propos des Français enlevés au Niger, dans un message audio de son porte-parole diffusé mardi soir par la télévision Al-Jazeera du Qatar.


«En annonçant notre revendication de cette opération, nous informons le gouvernement français que les Moujahidine vont lui transmettre ultérieurement leurs demandes légitimes», a indiqué le porte-parole, identifié comme Salah Abi Mohammed par Al-Jazeera. «Nous mettons également en garde (le gouvernement français) contre toute autre stupidité», a ajouté le porte-parole. Cette mise en garde fait vraisemblablement allusion à une opération militaire, alors que l'armée française est engagée dans une large opération de recherche au Niger. Selon l'agence Reuters citant le gouvernement nigérien, les sept expatriés sont sains et saufs.


A Paris, où la protection des expatriés travaillant dans cette zone fait débat, le quotidien du soir Le Monde rapporte que le groupe nucléaire Areva qui emploie une partie des otages, avait été prévenu début septembre de la menace d'enlèvement pesant sur ses personnels expatriés. Dans un courrier daté du 1er septembre, que reproduit le journal sur son site internet, le préfet de la région d'Arlit, où ont été enlevés les sept expatriés, explique que la situation «reste précaire» dans la région et rappelle que les forces de sécurité ont intercepté le 23 août un groupe armé ayant pour objectif «selon les renseignements, l'enlèvement de matériel militaire et de personnel expatrié».

Dans la soirée, la direction d'Areva a réagi en affirmant avoir agi en entreprise responsable pour protéger ses personnels au Niger et dit regretter les «polémiques inappropriées au regard de la menace évoquée». La lettre du préfet, poursuit le groupe, «s'inscrit dans le cadre du dialogue et de l'évaluation permanente des moyens financiers et matériels qu'Areva met à disposition des autorités gouvernementales du Niger». Le président français, Nicolas Sarkozy, a réuni pour sa part dans l'après-midi du mardi du 21 septembre un conseil restreint sur ce dossier. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, devait s'envoler lui dans la soirée pour le Mali.

La responsabilité de l'organisation armée issue des maquis algériens, qui opère dans cette zone grise de l'Afrique sahélo-saharienne, entre Algérie, Niger, Mali et Mauritanie, ne faisait guère de doute. A la mi-août, AQMI avait menacé la France de représailles à la suite d'un raid mené par les forces françaises et mauritaniennes pour tenter d'obtenir la libération de Michel Germaneau, l'otage assassiné après trois mois de captivité dans le Sahara. «A l'heure actuelle, sur la base d'indices, nous sommes en mesure de dire que le groupe qui a procédé à cet enlèvement inacceptable est un groupe affilié au groupe Abou Zeid qui est lui-même en lien avec la nébuleuse Al Qaïda», avait déclaré à Reuters dans l'après-midi Mahamadou Dan Dah, porte-parole du gouvernement du Niger. «Nous suivons la situation avec la plus grande attention et je peux vous dire qu'il n'y a pas de perte en vie humaine parmi les otages. Donc, évitons de propager toutes sortes de rumeurs », a-t-il ajouté.

Une centaine de militaires français spécialistes de la lutte contre le terrorisme ont été dépêchés dès lundi à Niamey, en soutien à plusieurs avions de reconnaissance. Le gouvernement nigérien dit également travailler en concertation étroite avec le Mali et l'Algérie.

Nouvelle crise au FFS

Kamel Eddine Fekhar, grande figure du FFS à Ghardaïa et militant des droits de l’homme, a adressé, mercredi 22 septembre, une lettre à Hocine Aït Ahmed, président du parti. Le but : « tirer la sonnette d’alarme » sur la situation déplorable du parti, selon M. Fekhar, et dénoncer les agissements du premier secrétaire Karim Tabbou.



Dans ce document rédigé en arabe, Kamel Eddine Fekhar évoque une « absence totale » du FFS de la scène politique nationale, après avoir été pendant plusieurs années une véritable locomotive et une force de propositions pour aboutir à une solution à la crise que traverse le pays. M. Fekhar rappelle notamment l’initiative du « Contrat de Rome » sur le dialogue national et le retrait des candidats à la présidentielle de 1999 à la veille du scrutin.


Mais selon M. Fekhar, le rôle du FFS a nettement reculé ces dernières années, malgré la persistance du pouvoir dans ses intimidations à l’égard des citoyens, les restrictions des libertés individuelles, la fermeture de tous les espaces d’expression et les conditions de vie difficiles de la majorité des Algériens. Une situation qui a été à l’origine de nombreuses émeutes, selon M. Fekhar : Annaba, El Oued, Alger, Tébessa…


Kamel Eddine Fekhar accuse Karim Tabbou, secrétaire général du FFS, de n’avoir pris aucune initiative sur le terrain. Selon lui, M. Tabbou s’est contenté « d’insulter tout le monde » sur les chaînes satellitaires lors de l’élection présidentielle de l’année dernière. Une attitude qui a donné une mauvaise image de l’opposition. M. Fekhar estime aussi que les protestations des citoyens à travers le pays n’ont jamais suscité l’intérêt du parti. Il rappelle que les émeutes de Diar Echems à Alger, qui ont duré plusieurs jours, se sont déroulées à seulement 500 mètres du domicile du premier secrétaire du FFS.


Concernant le fonctionnement du parti, Kamel Eddine Fekhar évoque « une grande catastrophe ». Selon lui, depuis sa nomination à la tête du parti, Karim Tabbou n’a eu qu’un seul souci : asseoir sa domination sur tout le monde et toute chose au sein du FFS, avec tous les moyens « y compris policiers et staliniens ». M. Fekhar, qui dénonce l’attitude de M. Tabbou lors des événements de Ghardaïa où de nombreux militants du FFS ont été malmenés, accuse le premier secrétaire d’avoir vidé le parti de ses cadres.


Dans ce contexte, Kamel Eddine Fekhar demande à Hocine Aït Ahmed de rentrer en Algérie dans les meilleurs délais pour reprendre en main les rênes du parti. Il lui demande également d’ouvrir une adresse email pour permettre aux militants de le contacter directement sans « intermédiaire ». Enfin, il demande à Hocine Aït Ahmed de travailler en vue de restituer au FFS son rôle de parti leader, proche des citoyens.

Par TSA

L’assassin de Mecili vit au Club des Pins d’Alger

L’avocat de la partie civile dans le dossier de l’assassinat d’Ali Mecili à Paris le 7 avril 1987, Antoine Comte, affirme dans le journal Le Monde, avoir des informations qui laissent croire que l’assassin présumé de l’opposant assassiné, Abdelmalek Amelou, vit dans une villa au Club des Pins, une station balnéaire à l’ouest d’Alger, résidence réservée aux hauts responsables de l’Etat et aux dignitaires du système.

Arrêté le 10 juin 1987 et expulsé de France en procédure « d’urgence absolue » par Robert Pandraud, ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, Abdelmalek Amelou vit librement en Algérie. Propriétaire d’une entreprise de gardiennage et de surveillance, l’homme n’a jamais été inquiété par la justice algérienne.


Histoire d'une photographie

Cette photo d'Abdelmalek Amelou, assassin présumé d'Ali Mecili, qui circule sur le net, a été prise par le journaliste Michel Naudy, auteur du livre "Un crime d’Etats : l’affaire Mecili", publié en 1993, chez Albin Michel. La photo a été prise par Michel Naudy en 1999 lors d'un voyage en Algérie. Le document qui a été versé au dossier a été pris dans la localité d'Akbou, wilaya de Bejaia, où Amelou possède une résidence. A ce jour, elle est la seule photo qu'on posséderait de cet individu.



Par DNA

mardi 21 septembre 2010

Déjouer la sinistre provocation !

«N’est-il pas honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n’en aient pas ?»
                        "Voltaire"

La «police islamique du salut» a encore frappé ! Après avoir pourchassé les chrétiens, coupables de «pratiquer un culte non musulman sans autorisation», voilà les «chevaliers de la foi» en uniforme de la République lancés aux trousses des «dé-jeûneurs» du Ramadhan, traquant bouteilles d’eau et morceaux de pain comme de redoutables armes de destruction massive. Au mépris de la loi fondamentale qui protège les libertés du citoyen, ils n’ont pas hésité à violer des propriétés privées pour exécuter une manipulation politique au nom d’une idéologie religieuse.


A Aïn El Hammam, la police a sorti le grand jeu pour arrêter deux dangereux ouvriers, «coupables» – et ils le revendiquent ! – d’avoir entrecoupé leur dure journée de labeur par un morceau de galette et quelques gorgées d’eau. Ils seront donc jugés, et peut-être condamnés, pour «atteinte et offense aux préceptes de l’Islam».

Briguant la palme du grotesque, deux policiers sont affectés, dès le lendemain de cette opération, à la surveillance d’une fontaine publique pour empêcher les délinquants cultuels d’y étancher leur soif ! A un tir de grenade lacrymogène du commissariat, des dealers de drogues pas toujours douces opèrent à ciel ouvert, dans une totale impunité.

Dans un Etat de droit, les auteurs de cette forfaiture auraient été passibles des tribunaux. Dans les mœurs dissolues des régimes autoritaires sans légitimité, l’appareil judiciaire est réduit au rôle d’appendice consentant et servile de la logique policière. Et c’est en toute bonne conscience que des magistrats visqueux, dopés aux «thawabits (constantes)» fascisantes, viendront donner à l’arbitraire un semblant de légalité.

Gages de «bonne foi»

Au-delà des fantasmes talibanesques de fonctionnaires de province habitués à dicter leur loi, au lieu de faire respecter celles de la République, le scénario élaboré au plus haut niveau de l’Etat vise à soumettre à la bigoterie ambiante les franges encore réticentes de la société. Face à l’impasse structurelle du système, le pouvoir, cerné par les scandales de corruption que l’esbroufe habituelle ne peut plus occulter, s’apprête à donner aux intégristes de nouveaux gages de «bonne foi» pour rétablir son équilibre sous la bannière national-islamiste.

Dans la recomposition en cours, l’on n’hésite même plus à torturer l’histoire pour la convoquer au service d’intérêts claniques et privés. Au milieu des années 1930, Cheikh Ben Badis revendiquait le respect de la laïcité et de la liberté de culte, au nom de la démocratie et des valeurs de la République. Dans l’Algérie indépendante, ceux qui tentent, par conviction ou par opportunisme, de capter son héritage ont déclaré la guerre aux libertés, après avoir décrété «la démocratie kofr (impie)» et la laïcité «contraire à nos valeurs civilisationnelles» !

Dans ce climat d’inquisition, où le religieux s’est imposé comme unique référence qui légitime les actes de la vie sociale, même les milieux à prétention «moderniste» les plus bruyants ont renoncé à leur devoir de résistance. Face à des agressions idéologiques qu’il faut combattre, l’on préfère voir des «manifestations spirituelles» à respecter ! Comme si le respect à sens unique, imposé au nom d’une majorité «écrasante», n’était pas une version consentante de la soumission. N’a-t-on pas vu des exégètes de bistrot chercher dans le texte religieux une autorisation à l’exercice d’une liberté pourtant garantie par la loi fondamentale ? En se plaçant ainsi sur le terrain choisi par l’adversaire, en acceptant les règles du jeu qu’il a édictées pour consacrer la primauté des devoirs du croyant sur les droits du citoyen, l’on ne peut que perdre la bataille avant même de l’avoir engagée.

A Alger, et il faut s’en féliciter, les restaurants des grands hôtels sont restés ouverts pour servir les dé-jeûneurs, sans distinction de religion ou de nationalité. Au lieu de revendiquer, au nom de l’égalité de tous devant la loi, la démocratisation de ces lieux de convivialité imposés par l’argent, aux restaurants de moindre standing, et laisser ainsi au citoyen le soin de gérer librement sa spiritualité, les âmes bien pensantes prônent le nivellement par le bas, en exigeant leur fermeture.

Disqualifier l’Islam traditionnel

Faut-il s’étonner alors de voir des agents de l’ordre républicain jouer à la police religieuse et détourner le regard de pratiques obscènes qui défient le Code pénal ? C’est désormais une tradition, chaque année durant le Ramadhan, «mois de piété, de miséricorde et de solidarité», nous dit-on, les commerçants saignent le consommateur par une brutale augmentation des prix qui défient les lois élémentaires du marché. Comme chaque année, les autorités promettent de réguler les mercuriales et de sévir contre les spéculateurs par une application stricte de la réglementation. Mais, comme chaque année, le droit cède devant la loi du milieu bénie par le slogan hypocrite, mais imparable, qui sert de tenue de camouflage à toutes les escroqueries : «Ettidjara hallal (le commerce est licite)» !

Dans cette agression concertée entre divers segments du pouvoir et de ses annexes qui tentent d’imposer de «nouvelles habitudes alimentaires et vestimentaires», même la pratique ancestrale d’un Islam tranquille, prônant une spiritualité apaisée, commence à sentir le soufre. Pour les nouveaux «prophètes», nos cérémonies de mariage et les rites de nos funérailles en cours depuis des siècles seraient illicites, nos imams pacifiques des ignares à rééduquer, et les mausolées de nos saints, des survivances païennes à détruire. Cette offensive sournoise a été partiellement révélée par l’épisode d’Aghribs, où une «association religieuse» en service commandé tente, avec la complicité de l’administration, de prendre la communauté villageoise en otage.

Dans la plupart des localités de montagne, des sections de «missionnaires», relais d’officines occultes qui ont planifié la «mise à niveau cultuelle de la Kabylie», tentent de casser l’harmonie des villages, de disqualifier l’Islam traditionnel et d’imposer, avec l’appui de lourds moyens financiers, un dogme étranger, radical et intolérant. La traçabilité de ce budget d’islamisation mène vers un seul et même pays : l’Arabie Saoudite. Alors que la loi impose la transparence dans le fonctionnement des associations et punit sévèrement les financements en provenance de l’étranger, cette «5e colonne» continue de jouir d’une coupable impunité, trahissant le parrainage et la complicité de puissants lobbies au sein du pouvoir.

«L’ennemi intérieur, relais des croisés coloniaux»

Le résultat est tragique. Pour avoir résisté, dans les années 1990, aux assauts – électoraux et militaires – des intégristes qui avaient déjà gangrené le pays, la Kabylie était surnommée la «Petite Suisse». A l’heure de la «paix retrouvée» et de la «réconciliation nationale», elle est devenue une zone tribale de non-droit, un «Kabylistan», fief ultime du «terrorisme résiduel», bastion de l’intolérance et de la régression.

Alors que les familles des disparus qui revendiquent «vérité et justice» sont matraquées, insultées et interdites de crier leur douleur, alors que les victimes du «printemps noir» sont reléguées, comme celles du terrorisme d’ailleurs, dans le chapitre des dégâts collatéraux de la «tragédie nationale», alors que le patriote Mohamed Gharbi est condamné à la peine capitale pour avoir défendu sa dignité face à un «repenti» qui le menaçait de mort, les éructations de Hassan Hattab et d’un quarteron de complices du GIA ,qui bombent le torse en criant victoire, sont érigées en nouvelle stratégie de lutte antiterroriste.

Cette situation ubuesque aura révélé une fois de plus les dessous d’un système schizophrène, qui, pour restaurer sa stabilité, ne recule devant aucune ignominie. Alors que la Justice, qui l’a déclaré officiellement «en fuite», l’a condamné par contumace à la prison à perpétuité, l’émir-fondateur du GSPC est protégé, tout aussi officiellement, par d’autres institutions de l’Etat, logé dans les palais de la République et nourri aux frais du contribuable. Une presse immonde, branche médiatique de la conspiration, est chargée du service après-vente. Comme ce torchon d’Echourouq, concentré du Code pénal assuré de l’impunité, support de la haine raciste et de la vulgarité qui caresse les instincts les plus basiques dans le sens de la barbe. Il y a quelques jours, c’est la Radio nationale qui a été sommée de relayer ces fatwas surréalistes, appelant les Ulémas du monde musulman à jouer les casques bleus dans un conflit «résiduel» pour, enfin, consacrer la victoire islamiste sur «l’ennemi intérieur, relais des croisés coloniaux».

Reconquérir les libertés bafouées

Face à l’alliance national-islamiste qui se renforce au détriment des aspirations démocratiques de la société, le devoir de lucidité impose une extrême vigilance. Pour résister aux agressions récurrentes contre le citoyen et ses libertés, il est impératif de ne pas céder à l’infantilisme de la surenchère et aux pièges des fausses fraternités et des postures sentimentales, vecteurs de tragiques manipulations. Aux spécialistes des coups tordus qui préparent une guerre de religions pour occulter les dérives morales des politiques, aux forces de l’obscurantisme officiel qui tentent de violer nos consciences pour imposer une conception carcérale de la spiritualité, aux «clandestins» du Club des Pins et de Palm Beach chargés d’organiser les dérapages contrôlés, opposons la mobilisation citoyenne dans le respect de nos différences pour empêcher le tribunal de Aïn El Hammam de devenir le tombeau de nos rêves et de nos espérances.

D’Asqif N Tmana où reposent les cendres de Si M’hand, le barde insurgé contre la «trahison des chefs», de ce bastion de la résistance qui fut le fief de Fadhma n’Soumeur, cauchemar du général Randon, de la capitale d’Amar Ul Qadi, le souverain de Koukou qui avait chassé Kheireddine Barberousse et ses janissaires d’Alger, sur la tombe de Kamel Amzal, l’étudiant qui avait courageusement défié la matraque policière et le sabre intégriste, nous formerons les bataillons de la dignité, armés de la force de nos convictions, pour partir à la reconquête de nos libertés bafouées.

Arezki Aït-Larbi Via El Watan

lundi 20 septembre 2010

Le préfet de Tizi-ouzou veut démolir l’église

L’Eglise de Tizi-Ouzou, affiliée à l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA), vient d’être la cible d’une nouvelle menace aussi brutale qu’injustifiée. Sur ordre de M. Le Wali en date du 30/08/2010, la police vient de nous notifier une mise en demeure « d’arrêter les travaux immédiatement et procéder à la démolition des travaux engagés (…) Si dans un délai de huit (8) jours vous n’avez pas obtempéré à cette mise en demeure, l’arrêt de démolition sera dûment exécuté ».


Ces travaux d’extension entamés à l’intérieur de la façade visent à assurer la protection de ce lieu de culte et la sécurité des membres de la communauté contre les agressions récurrentes. Depuis une dizaine d’années, pierres, débris de verre, bouteilles et barres de fer sont jetés contre les fidèles par des délinquants clairement identifiés, mais qui continuent de jouir d’une curieuse impunité. Nos requêtes auprès des autorités locales et nos plaintes auprès de la police sont restées sans suite.

En janvier 2010, suite à l’expédition punitive contre un autre lieu de culte, l’Eglise Thafath, saccagée avant d’être incendiée, nous avions sollicité une protection policière pour sécuriser le site, au moins les jours de culte. Malgré le risque bien réel qui pèse encore sur les membres de notre communauté, M. Le Wali nous avait opposé une fin de non recevoir.

Cette attitude discriminatoire n’est motivée que par un seul argument : notre foi chrétienne. Des fonctionnaires et même des magistrats, qui assument l’intolérance au mépris de la légalité, n’ont-ils pas « conseillé » à ceux d’entre nous qui revendiquaient le droit de donner des noms bibliques à leurs enfants, de « changer de pays » ?

Nous déplorons cette attitude discriminatoire des autorités locales et ces vexations répétées qui violent les lois de la République et les libertés, notamment la liberté de conscience et de culte garantie par la constitution.

Nous lançons un appel solennel aux autorités supérieures de l’Etat pour mettre un terme à ces dérives et faire respecter le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

A nos concitoyens musulmans, et à tous ceux qui nous ont soutenus dans les épreuves multiples que nous traversons, nous exprimons notre gratitude fraternelle.

Tizi-Ouzou, le 19 septembre 2010

par Lakhdar Siad

Eglise protestante d’Algérie (EPA)

par Kabyles.net

Déclarations & communiqués "Un procès contre des non jeuneurs"

La ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) apprend qu’un procès est engagé contre des citoyens devant le tribunal correctionnel de Aïn El Hammam le lundi 21 septembre 2010 pour non respect de la contrainte au jeune durant le Ramadhan.


Ces poursuites pénales succèdent à celles déjà engagées contre d’autres citoyens à Tébessa, Akbou, Bouira sur la base du même chef d’inculpation tiré d’une fausse application de l’article 144, bis alinéa 2 du code pénal.

La LADDH souligne la récurrence de cette dérive sur différents points du territoire national, signe d’une théocratisation rampante de la justice et, qui ternit gravement l’image de notre pays devant l’opinion internationale.

Elle fait remarquer ce caractère schizophrène qui consiste à afficher la déclaration universelle des droits de l’homme dans les commissariats et faire requérir les parquetiers de la république contre des citoyens pour non soumission au monolithisme religieux.

Elle demande qu’il soit mis fin immédiatement à ces procédures illégales au regard du droit positif algérien et aux conventions internationales opposables à l’Algérie.

Elle argue et oppose avec insistance que toute référence à la Charia ne peut être invoqué qu’à titre supplétoire dans des situations lacunaires de vide juridique du droit positif algérien.

Fait à Tizi-Ouzou le 18/09/2010

P/la LADDH

Arezki Abboute

Coordinateur de la MDHC de Tizi-Ouzou

jeudi 16 septembre 2010

Sept étrangers enlevés par un "groupe Terroristes armés"

L'enlèvement de sept ressortissants étrangers dont cinq Français, jeudi matin dans le nord du Niger, a été commis par un "groupe armé", a déclaré le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Dah.



Cinq Français, un Togolais et un Malgache ont été enlevés vers 02H00 locales (01H00 GMT) par "un groupe armé" qui comprendrait de sept à une trentaine de personnes, selon les sources, dans la région d'Arlit (1.000 km au nord de Niamey), a-t-il indiqué, interrogé par l'AFP depuis Abidjan.


Les membres du groupe, qui se trouvaient à bord d'au moins deux pick-up, "parlaient majoritairement arabe et souvent tamachek", langue des touaregs vivant dans la région, a-t-il précisé, sans vouloir s'avancer sur l'identité du groupe.


"Après leur forfait, ils ont pris la direction d'Inabangaret", près de la frontière avec l'Algérie et le Mali, a-t-il ajouté.


Le porte-parole a redit que des "dispositions" ont été prises pour rechercher les otages et leurs ravisseurs "tout en veillant à la sécurité des victimes". Les pays voisins ont été "informés" de façon à "conjuguer les efforts", a-t-il souligné.


Un "logisticien" nigérien qui faisait partie des personnes enlevées "a été, selon ses propres déclarations, relâché à une quarantaine de km d'Arlit" et est actuellement entendu par les services de sécurité, a ajouté M. Dan Dah.


L'essentiel des otages travaillent pour les groupes français Areva et Satom opérant dans cette région d'extraction de l'uranium.


"Les assaillants seraient probablement des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique" (Aqmi) ou des bandits qui vendent leurs otages aux jihadistes, selon une source sécuritaire nigérienne.


AFP

Voilée en terre d'islam

Voila après la condamnationnnnn a la lapidation de la jeune iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani ,Une jeune femme originaire d’Algérie “Tlemcen”, a mis fin à ses jours, ce matin, à la Mecque en Arabie saoudite capitale de la religion de paix , endéfenestrantrant, après avoir été violée par deux hommes adeptesMahometomet originaires du Yémen pour l’un et du Bangladesh pour l’autre.

Elle s’est jetée du 5ème étage de l’hôtel situé tout près du plus grand lieu saint de l’islam. La victime était allée accomplir un pèlerinage sur les traces de Mahomet….


Les deux suspects auraient été arrêtés par la police saoudienne.


Un petit rappelle femmes Violées en Algérie .
3 des jeunes filles victimes de viol collectif témoignent :

60 personnes m'ont violée pendant 8 heures aux cris de " Allah ou akbar ".

Les assaillants n'ont pas lésiné sur les moyens : viol collectif, agressions à l'arme blanche et au gourdin, faisant une vingtaine de blessées dont six dans un état jugé très sérieux. Certaines ont été tout simplement mutilées au corps et au visage.

D'autres traînées nues dans la rue sous le regard épouvanté des riverains habitant une cité voisine de ce quartier déshérité.
J'ai appelé la police mais elle n'est arrivée que vers 3 heures du matin, soit plus de cinq heures après le début de l'agression ", raconte un témoin dans le journal Liberté.

mercredi 15 septembre 2010

Repas halal pour tout le monde bientôt dans les avions

Après Quick  c’est bientôt les grandes compagnies aériennes qui vont imposer des repas halal à tous leurs passagers !

Le plus grand traiteur industriel indépendant a annoncé son intention de transformer la plupart des repas qu’il produit en repas halal.


GateGourmet, la société qui fournit des repas à 14 compagnies aèriennes et alimente tous les vols long-courriers de British Airways au départ de Heathrow, souhaite standardiser sa production pour faire baisser les coûts et augmenter ses profits.

Le traiteur est tenté de sauter le pas pour passer au tout-halal, encouragé dans ce sens par ses affaires florissantes sur les vols au départ du Moyen-Orient et sur les compagnies aériennes asiatiques.

La plupart des transporteurs offrent actuellement une option halal, mais ces repas doivent être préparés, stockés et transportés séparément afin de se conformer aux règles alimentaires musulmanes - ce qui augmente le coût de ces repas.


Retirer l’option des repas halal n’est pas envisageable pour une entreprise au service des compagnies aériennes à travers le monde, alors les gestionnaires du géant de la restauration industrielle basé en Suisse, pensent qu’il serait financièrement avantageux de faire en sorte que la majeur partie de la production suive strictement les règles alimentaires islamiques.


M. Dubois directeur de Gategroup dit que la décision n’est pas motivée par des considérations sociales ou religieuses, mais simplement par des raisons de productivité.

“Si je produis tout selon les normes halal, je réduirais la complexité de la chaine de production et accroîtrais leur rentabilité.” dit-il.



Source : Daily Mail extrait Traduit par Bivouac-id.

mardi 14 septembre 2010

“Qui a peur de l’islam ?”


Reportage de John Paul Lepers diffusé le 10 septembre 2010 sur France 4. A ne pas manquer et à regarder en intégralité. L’esprit de tolérance de John Paul Lepers a été mis à rude épreuve. Le reportage commence à Roubaix…

Durée 56 minutes - Diffusé sur France 4 le 10 septembre



ROAD-DOC : "QUI A PEUR DE l'ISLAM?"
envoyé par latelelibre. - L'info internationale vidéo.


En effet, aujourd’hui, le journaliste, sur son site latélélibre.fr, accuse Fdesouche.com d’avoir intentionnellement censuré 3 minutes de son reportage vidéo (sur une heure).

Le 11 septembre, nous avions diffusé de bonne foi la vidéo (en 3 parties) trouvée initialement sur la plateforme de téléchargement Dailymotion (censurée depuis). Pour preuve, ces 3 minutes ne changent rien au sens du reportage, ni à son message.

Comme nous n’avons rien à cacher à nos lecteurs, nous diffusons les 3 minutes manquantes et le droit de réponse de John Paul Lepers ainsi que l’intégralité du reportage de La Télé Libre pour France 4.



"QUI A PEUR DE L'ISLAM?" CENSURÉ !
envoyé par latelelibre. - L'actualité du moment en vidéo.

Par : fdesouche

lundi 13 septembre 2010

Confirmation : Ahmadinejad voit des “sionistes” partout

Le monde vu par Ahmadinejad.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié vendredi de “complot sioniste” le projet d’une église américaine de brûler des exemplaires du Coran le 11 septembre, selon la télévision d’Etat. “C’est un complot sioniste (…)”, a déclaré M. Ahmadinejad lors d’une réunion avec les responsables de la République islamique en présence du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

“Ce genre d’action va accélérer la chute et l’anéantissement des sionistes et leurs protecteurs qui sont sur la pente de la disparition”, a-t-il ajouté. L’église “Dove World Outreach Center”, un groupuscule intégriste chrétien de Floride, a menacé de brûler publiquement des exemplaires du Coran, à la date anniversaire des attentats du 11-Septembre, devant ses portes dans la localité de Gainesville en Floride. Elle a aussi appelé d’autres centres religieux à en faire autant pour se souvenir des victimes des attentats et combattre “le démon de l’islam”.



Quant au Revenrend Jones, finalement, il ne brûlera pas de corans, «ni aujourd’hui ni jamais». La déclaration du pasteur évangéliste Terry Jones sur la chaîne de télévision américaine NBC vient mettre un terme à une polémique. L’homme d’église a confirmé ce qu’il avait laissé entendre de façon ambiguë dès jeudi, à savoir qu’il renonçait à son projet d’autodafé pour marquer le 9e anniversaire des attentats du 11 septembre.


par Bivouac-id

Inculpé pour offense à l'Islam

Inculpé pour offense à l'Islam, Salem Fellak se défend « J’ai le droit de ne pas faire ramadhan »

Salem Fellak et Hocine Hocini défrayent la chronique depuis le mois d’août dernier lorsqu’ils ont été interpellés par des policiers dans un chantier privé dans la ville de Ain El Hammam, en Kabylie. Leur crime ? Ne pas observer le jeûne. Présentés devant la procureur adjointe de la République, ils sont inculpés d’offense à l’Islam sur la base de l’article 144 bis 2 du code pénal algérien. Leur mise en examen a provoqué une vague d’indignation et un élan de soutien et de solidarité. Pour la première fois, Salem Fellak accepte de témoigner pour DNA.

Regretter ? S’excuser ? Tout sauf regretter ou s’excuser, dit Salem. « Je ne m'excuse de rien et je ne regrette rien! J’ai le droit de ne pas faire carême. Je suis chrétien et jusqu’à preuve du contraire, la constitution algérienne garantit le respect des libertés individuelles.» Au téléphone, Salem Fellak, 34 ans, parle d’une voix posée. Ferme mais posée. Originaire du village Aït Mansour, Salem habite depuis une année la ville d’Ain El Hammam où sa famille a loué un pied-à-terre. Sans profession, Salem prête ses bras à qui veut bien l’employer. Maçonnerie, commerce, peinture en bâtiment, travaux de champs, l’homme ne rechigne pas à la tâche. Douze métiers et treize misères. Il raconte sa mésaventure.


Ils se trouvaient dans un lieu privé lorsque des policiers les interpellent

« Jeudi 12 août, nous étions, moi et mon ami Hocine, dans le chantier. Nous avons déposé un chargement de briques dans le troisième étage du bâtiment. A midi, nous avons fait une halte pour casser la croûte. L’occasion aussi de se désaltérer le gosier en ce début d’août caniculaire. Le commissariat de police est mitoyen du chantier. Tandis que nous avons pris place derrière des briques pour manger loin des regards indiscrets, des policiers nous observaient à partir d’une fenêtre du commissariat. » Alors que ces deux saisonniers déjeunent tranquillement, deux policiers débarquent sur les lieux. « Vous ne faites pas le ramadan ? », s'enquiert un des policiers. « Pourquoi ne faites pas ramadan », demande autre.

Convertis au christianisme, les deux hommes ne se sentent pas concerné par le rituel musulman.

Bien que ces deux là soient surpris dans un lieu privé, les policiers décident tout de même de les embarquer. Flagrant délit ou perquisition sans mandat, peu importe. Les policiers agissent à leur guise. A l'intérieur du commissariat, les deux hommes sont priés d'attendre quelque temps avant de subir un interrogatoire. Plus de deux heures passées dans les locaux de la police à devoir s’expliquer, se justifier, argumenter, se défendre. Au cours de l'interrogatoire, Salem révèle aux policiers qu’il est de confession chrétienne - Hocine est également chrétien. « Tu es chrétien ? », lui demande un policier. « Oui, je suis chrétien et je ne fais pas carême », répond Salem. Ce dernier autant que Hocine ont alors eu droit à quelques admonestations. « On m’a fait une leçon de morale », raconte-t-il encore.

Le christianisme, Salem s’y est converti depuis 2009. Dans sa famille, il n’est pas le seul à avoir embrassé la foi de Jésus Christ. Ses deux jeunes sœurs, sans emplois et qui ont quitté l’école très tôt, se sont également converties à cette religion. Au terme de l’audition, un policier tend un procès verbal à Salem. « Je ne savais même pas ce qui était mentionné dans le document que j’ai été obligé de signer », affirme le jeune homme. Ce denier reconnaît que ni lui ni son compagnon Hocine n’ont été maltraités.

Direction le bureau du procureur de la République

L’interrogatoire terminé, Salem et Hocine sont aussitôt conduits au tribunal de Ain El Hammam pour y être entendus par la procureur adjointe de la République. La magistrate leur demande la raison pour laquelle ils n’observent pas le ramadhan. Une fois de plus, ils expliquent qu’ils ne sont pas concernés par ce rituel, qu’ils ont été interpellés dans un lieu privé et surtout qu’ils sont de confession chrétienne, donc non concernés par l’observation du jeûne.

« Mais c’est notre pays ! Nous sommes Algériens, et nos parents sont chrétiens. Nous n’avons commis aucun crime. »

Devant l’aplomb affiché par les deux hommes, la magistrate sort de ses gonds. Salem se souvient des propos de la procureur adjointe : « Elle nous a dit : « Puisque vous êtes chrétiens, il faut partir de ce pays, qui est un pays de Musulman.» Loin d’être impressionnés par la réaction de la magistrate, nos deux saisonniers refusent de se démonter. Salem répond : « Mais c’est notre pays ! Nous sommes Algériens, et nos parents sont chrétiens. Nous n’avons commis aucun crime. » Visiblement contrariée par l’attitude des deux « mécréant », la procureur-adjointe leur ordonne de quitter le bureau non sans leur avoir signifié leur mise en examen pour « offense à l’Islam». Salem et Hocine sont convoqués devant le tribunal le mercredi 18 août. Devant la mobilisation citoyenne, leur procès a été reporté au 21 septembre prochain.

Elan de solidarité nationale et internationale

Depuis leur arrestation et leur inculpation, Hocine et Salem ont reçu le soutien de la communauté nationale et internationale. Une chaîne de solidarité s’est mise en place en Algérie ainsi qu’à l’étranger pour les soutenir, leur venir en aide, les conseiller. « Des citoyens sont venus pour se solidariser avec moi et mon ami Hocine », révèle Salem. A Ain El Hammam, des articles de presse, dont l’enquête de DNA, ont été photocopiés et affichés sur les murs de la ville en guise de protestation et de solidarité. Selon Salem, la police aurait fait disparaitre ces affichages. En attendant le procès programmé mardi 21 septembre, Salem Fellak et Hocine Hocini affichent une grande sérénité. « J’ai le droit de ne pas jeûner et de pratiquer la religion que j’ai choisie, soutient Salem. Je suis Algérien et la constitution de mon pays me garantit ce droit comme elle me protège de l’arbitraire. »

Source: DNA
 (Photo DNA : Salem Fellak)

vendredi 10 septembre 2010

Menace sur les libertés en Kabylie

Quand le terrorisme est organisé par l’État algérien.

Les guerres de religion sont des conflits absurdes, d’autant plus destructeurs pour l’humanité qu’ils ne sont motivés par aucun enjeu positif. Il est bien connu que le fanatisme et le fondamentalisme, de quelque religion qu’ils soient, ne conduisent qu’à des résultats calamiteux. Les tyrannies religieuses du Moyen-âge ne menèrent les peuples qu’à la barbarie dont les effets ont été néfastes au progrès et à la civilisation du genre humain. Le fondamentalisme et le fanatisme sont, pour ainsi dire, des pathologies religieuses aux effets dévastateurs. Ils portent atteinte aux libertés individuelles des hommes et des femmes, à la paix sociale, et compromettent dangereusement la sécurité des États. Ils conduisent le peuple qui en est atteint à sa déchéance et à l’avilissement de ses valeurs de liberté, de justice, de tolérance et d’épanouissement culturel.

Le péril que constitue le fanatisme religieux, savamment entretenu et nourri par Alger, cible particulièrement la Kabylie séculière en ces moments. Les excès de cette dangereuse pandémie religieuse atteignent leur paroxysme chaque mois de ramadhan (jeûne musulman).

La Kabylie, dernier bastion des libertés en Algérie, se retrouve ainsi insidieusement livrée à la nébuleuse islamiste, activement soutenue par les institutions officielles de l’État algérien. Chaque année, au mois de ramadhan, le nombre de non-jeûneurs déférés devant la justice, est édifiant. Cette atteinte manifeste à la liberté de conscience est la preuve absolue de l’implication du pouvoir d’Alger dans cette dérive islamiste.

L’activité économique et la libre entreprise sont ainsi sapées dans leurs bases fondamentales, comme le montre le désarroi des restaurateurs kabyles lorsque les autorités algériennes les empêchent de travailler pendant le mois de ramadhan.

Comment justifier l’intrusion de la police algérienne dans l’enceinte privée d’un chantier de construction pour procéder à l’arrestation de deux ouvriers accusés de non-respect du jeûne ? En quoi ces deux ouvriers, étanchant leur soif, peuvent-ils menacer l’ordre public ou la stabilité de tout un État ? Sont-ils aussi dangereux que ces terroristes islamistes, venus on ne sait d’où, et qui écument en toute quiétude les maquis de Kabylie pour donner prétexte aux militaires qui, faisant mine de lutter contre le terrorisme islamique, pratiquent la politique criminelle de la terre brûlée en mettant le feu volontairement à ce qui reste de nos oliviers, de nos vergers et nos forêts ?

Une initiative pertinente émanant de la société civile, visant à affirmer la spécificité laïque du peuple kabyle, est en préparation à Tizi-Ouzou. Elle contribuera, comme ce fut le cas au Maroc en 2009 [1], à réveiller les consciences, à déciller les yeux des incrédules et à faire reculer l’obscurantisme véhiculé par l’islamisme conquérant que le pouvoir algérien tente d’incruster en Kabylie pour la détruire de l’intérieur.

Ce qui était, en effet, il n’y a pas si longtemps, une pratique anodine en Kabylie, la conception foncièrement laïque et démocratique de la vie en société, est aujourd’hui brutalement remise en cause.

Elle est devenue une raison supplémentaire pour le pouvoir algérien de stigmatiser la société kabyle en la déclarant « non conforme » à la norme arabo-islamiste qu’il tente d’imposer par divers moyens depuis l’indépendance.

Pourtant, depuis des temps immémoriaux, l’assemblée du village kabyle a consacré et pratiqué la séparation du profane et du religieux. Cet esprit laïc adopté sans aucune guerre de religion ni même la moindre violence par le génie kabyle éminemment rationnel, fut et demeure à ce jour le ciment de la cohésion et de la paix sociales en Kabylie.

Historiquement, les confédérations villageoises kabyles, d’essence foncièrement républicaine et laïque, étaient si bien assises sur un fondement social autonome des plus solides qu’elles étaient amplement satisfaites de leur mode de fonctionnement selon une organisation sociopolitique propre, consolidée par la pratique et l’usage au fil des siècles. Ni la famille, ni le village ne voulurent prêter l’oreille à toutes sortes d’innovations exotiques que les puissances dominantes du moment ne cessaient de leur proposer d’adopter, car celles-ci furent perçues comme périlleuses, susceptibles d’ébranler et de porter atteinte à cet équilibre séculier, devenu naturel pour la société kabyle. Ainsi, les décisions souveraines des assemblées villageoises ont permis au peuple kabyle de faire régner pacifiquement ordre et sécurité sans jamais avoir besoin d’ériger la moindre prison, et ce, dans le respect le plus total de toutes les croyances.

En Kabylie, la tolérance fait partie intégrante de notre culture et la sagesse conjuguée à l’éloquence de nos représentants faisait jurer nos tribuns par « Jmiε liman » (au nom de toutes les croyances), aucune n’étant au-dessus des autres !

À Aghriv, Alger revient à la charge avec une nouvelle fourberie, et tente de briser la résistance de la structure de l’assemblée de ce paisible village en manipulant une poignée d’individus endoctrinés par l’islamisme salafiste le plus rétrograde.

Ces illuminés, perfidement regroupés en « association », ne cessent de faire dans la provocation, la déstabilisation et l’arrogance en défiant outrageusement la volonté souveraine de l’assemblée du village qui avait pourtant catégoriquement refusé la construction d’une nouvelle mosquée pour quelque motif que ce soit. Ces pourfendeurs zélés se conduisent en véritables pyromanes, en collusion manifeste avec les autorités qui veulent imposer l’assimilation de la Kabylie par la contrainte. Ils tentent une pénétration de force de la société villageoise kabyle et n’hésitent pas à appeler à la rescousse le ministre algérien des affaires religieuses pour contraindre l’assemblée du village à abdiquer. En vain !

À ces sournoises pratiques religieuses porteuses de graves dangers pour la paix civile, s’ajoute la honteuse et flagrante volonté du pouvoir algérien d’isoler la Kabylie sur le plan international.

L’expulsion manu militari, vers fin juillet dernier, de deux universitaires français, Malika Colin de l’université de Strasbourg, et de Vincent Lerous de l’université d’Oslo, venus passer une dizaine de jours en Kabylie, s’inscrit dans cette même démarche. Arrêtés dans une Pizzeria, les deux universitaires sont soumis à un long interrogatoire au commissariat de Tizi Ouzou. Le fallacieux prétexte de « Liens supposés avec des organisations politiques locales » invoqué pour motiver cette mesure d’expulsion illégale nous rappelle les années de plomb du tristement célèbre Houari Boumediene. Sous escorte policière, comme de dangereux malfrats, les deux scientifiques sont reconduits sans ménagement, à la frontière par les autorités algériennes, alors que des criminels notoires, aux mains tachées du sang des milliers de victimes innocentes, affublés de titres de « repentis » perfides sans avoir jamais renoncé publiquement à leur criminelle entreprise, sillonnent en toute quiétude les boulevards de nos villes. Comment ne pas s’indigner quand le pouvoir algérien organise à Boumerdès l’université d’été des cadres de la RASD (République arabe sahraouie) [2] et refuse au CMA (Congrès mondial amazigh) [3] le droit de se réunir à Tizi-Ouzou ?

En Algérie, le pouvoir en place depuis 1962 ne respecte ni la loi, ni les femmes, ni les hommes et encore moins les conventions internationales qu’il a ratifiées. Il n’a d’yeux que pour ce qui le maintient au pouvoir. Les revendications de démocratie et de liberté à l’origine de la rébellion de Hocine Ait Ahmed en 1963, du Printemps berbère en 1980, des violentes émeutes d’octobre 1988, du Printemps noir de 2001 et de ses 128 martyres furent toutes balayées d’un revers de main. La dernière révision constitutionnelle est une réponse implacable à tous ceux qui espéraient encore obtenir un brin de liberté de cette caste au pouvoir. De plus en plus, le pouvoir algérien se focalise sur ses intérêts, se militarise, manipule la religion, renforce sa police politique et invoque, pour raviver le nationalisme algérien moribond un tant soit peu, le Satan Israël et surtout la menace du voisin, le Maroc. Comme au bon vieux temps, pour se légitimer, le pouvoir arrose, à hauteur des pics du prix du baril du pétrole, sa clientèle qu’il invite après à venir applaudir énergiquement ses options aussi obsolètes et criminelles soient-elles. Les grands principes susceptibles de redorer le blason de l’Algérie sur la scène internationale sont souvent mis en avant. On vient d’apprendre que le président du comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui vient de lancer une invitation à des centaines de personnalités et représentants d’organismes mondiaux, gouvernementaux ou non, connus pour la défense des droits des peuples à l’autodéfense à travers le monde, pour prendre part à un colloque international qui se tiendra à Alger entre le 25 et le 26 septembre prochain. Tenez vous bien ce colloque international a pour thème « Le droit des peuples à la résistance ». D’ores et déjà, nous sommes curieux de connaitre le sort réservé à la demande de participation de l’Anavad Anavad

Unavad Gouvernement , gouvernement provisoire kabyle. Un dicton dit : « Accule le menteur jusqu’au seuil de sa porte ».

C’est à ces pratiques moyenâgeuses qu’est dédiée toute la puissance de l’État algérien en décrépitude avancée. Et c’est précisément au rôle criminel de l’État algérien que les Kabyles désireux de s’en sortir doivent remédier. En cherchant les causes de cette descente aux enfers, une date fatidique surgit alors de notre mémoire collective : La défaite de 1871 face à la France coloniale a fatalement lié le sort de la Kabylie en l’annexant à l’Algérie française. Une Algérie créée de toutes pièces par la France coloniale [4]. Sans cet écart forcé du cours de notre histoire, les non-jeûneurs comme les jeûneurs, les locaux comme les touristes ne seraient jamais inquiétés en terre kabyle.

Les valeurs de la liberté de culte, la tolérance, l’hospitalité et l’humanisme qu’adoptent nos villages depuis des temps immémoriaux sont en accord avec la philosophie d’Ibn Rochd (Averroès) (1126-1198), père fondateur de la pensée laïque, qui avait dit : « il existe une intelligence universelle à laquelle tous les hommes participent et qui est immortelle ». Si cet enseignement avait prévalu ; nos routes seraient fluides et sécurisées, nos forêts ne seraient pas le refuge de bandes armées islamistes ni des militaires pyromanes, nos intellectuels ne seraient pas exilés ou assassinés, le rêve de notre regretté Matoub Lounès serait ainsi exaucé, nos enfants seraient au diapason du monde civilisé, la Kabylie n’aurait jamais connu ni son isolement, ni les agressions actuelles du fanatisme islamiste, que nous comptons contenir très rapidement par l’action du gouvernement kabyle.

Lyazid Abid
Ministre de la Communication, de la Justice et des Droits humains
Gouvernement provisoire kabyle

Source: Tamurt.info

jeudi 9 septembre 2010

Communiqué du RCD

Inquisition, chasse aux sorciéres : déni des libertés individuelles.


Encore une fois, ce mois de ramadhan s’est malheureusement caractérisé par des atteintes flagrantes aux droits élémentaires de l’Algérien en tant que citoyen et personne humaine.


En effet, s’érigeant en censeurs, moralisateurs et prétendus gardiens de la moralité publique les services de police ont procédé à des arrestations musclées de « non jeuneurs » les déférant à parquet.

Ces interpellations, véritables opérations coups de poing opérés dans les wilayas de Tizi-Ouzou, de Bejaia et de Jijel rappellent douloureusement les mêmes descentes policières effectuées durant les mois de ramadhan des années précédentes dans les autres wilayas du pays à l’instar d’Alger, Tiaret, Biskra et autres …

Le RCD interpellé par cette énième atteinte aux droits fondamentaux des citoyens rappelle que ces arrestations sont dénuées de tout fondement légal, la constitution algérienne, texte suprême consacrant clairement la liberté de culte, la liberté de conscience et la liberté d’opinion.

Par ailleurs, l’Etat algérien a ratifié, les intégrant ainsi dans son droit interne avec force prépondérante, les principales conventions internationales relatives aux droits civils, sociaux, économiques et politiques de la personne humaine.

De ce fait, le RCD interpelle les pouvoirs publics algériens à l’effet d’assurer la garantie effective de ces droits reconnus aux citoyens algériens et de rompre ainsi avec un comportement purement schizophrénique consistant à se porter continuellement en porte à faux par rapport aux lois fondamentales des la république.

Le RCD constate par là, en outre, que non content de confiner le citoyen algérien dans une lutte permanente et laborieuse pour assurer sa survie alimentaire quotidienne, le régime algérien œuvre en vue de lui ôter toute forme de liberté quelle qu’elle soit.

L’Etat de droit ne peut se construire à partir de ces divers dénis qui rappellent gravement les plus sombres périodes d’obscurantisme et d’inquisition qu’a vécue l’Humanité.

Maitre Fetta Sadat


Secrétaire Nationale aux droits de l’Homme

N. Ait Hamouda : « Bouteflika et Ouyahia veulent casser la Kabylie »

Le député du RCD, Nordine Ait Hamouda ne se fait plus d’illusion sur la situation en Kabylie. « Le pouvoir, à sa tête Bouteflika et Ouyahia, s’est rendu coupable d’avoir instauré le chaos en Kabylie, région à laquelle il a déclaré la guerre sur plusieurs plans : économique, politique et culturel » a-t-il déclaré au cours d’une conférence-débat qu’il a animée dimanche 6 septembre dans la soirée au siège du RCD situé au centre ville de Tizi Ouzou.

Donnant un aperçu sur ce chaos, le député du RCD a commencé par évoquer la situation d'insalubrité et d'anarchie de la ville de Tizi Ouzou qui est, dit-il, livrée aux voyous, à la mafia et à la corruption. « Dans les autres régions du pays, les entrepreneurs sont payés au maximum au bout de 6 mois alors qu’à Tizi Ouzou si tu ne payes pas des pots de vin on ne te paiera pas avant 2 ou 3 ans », a-t-il relevé précisant que c’est ce qui est à l'origine de l’arrêt de tous les projets dans la région.

« Même sur le plan de la circulation la région est étouffée sciemment : il suffit de 4 h pour rallier Alger à partir de la frontière marocaine alors qu’il en faut 5 entre Alger et Tizi Ouzou », a-t-il relevé avant d’enchaîner avec les thèmes de l’insécurité, du salafisme et de la corruption que le pouvoir "nourrit dans la région afin de mieux la détruire".

En s’attaquant toujours aux hauts fonctionnaires du pouvoir algérien, Nordine Ait Hamouda a dit que « les enfants de plusieurs membres du gouvernement sont impliqués dans l’affaire Sonatrach, et les enfants de plusieurs généraux dans l’affaire Khalifa, et c’est pour cela qu’ils ne vont jamais ramener Abdelmoumen Khalifa ». Les critiques les plus acerbes ont été réservées par le député du RCD à Ahmed Ouyahia qu’il ne considère pas plus qu’ « un caméléon qui s’adapte à toutes les situations et accepte toutes les humiliations rien que pour servir le pouvoir ». Il s'en est pris également au président du MSP, Aboudjerra Soltani, pour le comportement "immoral" de ses enfants au moment où il tente de donner des leçons au peuple algérien.

Par TSA